Le secteur café-cacao traverse une période de fortes turbulences, marquée par une montée des tensions sociales dans les zones de production. Face à la menace de grève brandie par le Syndicat National des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (SYNAPCI), l’interprofession multiplie les concertations. Le mouvement de contestation soutenu par Synapci et son président, Koné Moussa, qui menace de paralyser la collecte et l’exportation des fèves, a poussé les organisations professionnelles à sortir de leur réserve pour tenter de stabiliser un écosystème déjà fragilisé par la volatilité des cours mondiaux.
Pour désamorcer la crise, le Gouvernement ivoirien a pris une décision forte en annonçant le décaissement exceptionnel de 280 milliards de francs CFA. Ce fonds de soutien massif est destiné à garantir le paiement du prix bord champ et à apurer les impayés qui alimentaient la colère des producteurs. L’interprofession, par le biais d’une de ses membre (Doua Blonde Obede) a exprimé sa profonde satisfaction face à cette mesure de sauvetage, y voyant une preuve concrète de l’engagement de l’État à protéger le revenu des paysans malgré le contexte économique international défavorable.
Au-delà de l’aspect financier, le cœur de la discorde avec le SYNAPCI résidait dans les lenteurs excessives d’enlèvement des produits en brousse. Les représentants de la filière reconnaissent que le flux logistique doit être immédiatement fluidifié pour justifier l’investissement public. L’injection de ces liquidités devrait permettre aux exportateurs et aux acheteurs de reprendre les opérations de collecte à plein régime, évitant ainsi la dégradation de la qualité des fèves stockées dans des conditions précaires au sein des campements.
Bien que l’annonce du décaissement des 280 milliards FCFA ait apaisé les tensions immédiates, l’interprofession reste vigilante quant à l’application stricte des mesures sur le terrain. L’objectif est désormais de transformer ce soulagement financier en une stabilité durable. Un dialogue renforcé entre le Gouvernement, le Conseil du Café-Cacao et les syndicats comme le SYNAPCI apparaît aujourd’hui indispensable pour prévenir de nouveaux préavis de grève et assurer le succès de la fin de la campagne principale 2025-2026.
