La Banque du Ghana affiche une progression dans la consolidation de ses avoirs extérieurs en adoptant une stratégie de diversification rigoureuse de ses réserves. Lors d’une audition devant la commission parlementaire de l’économie et du développement, le gouverneur, le Dr Johnson Pandit Asiama, a précisé que cette initiative vise avant tout à renforcer les coussins de sécurité financiers du pays. Loin de constituer une réduction des actifs, cet ajustement technique de la composition des réserves permet au Ghana de mieux naviguer dans un environnement économique mondial marqué par une forte volatilité.
L’élément central de cette transformation réside dans le succès sans précédent du Programme d’achat d’or national. Ce mécanisme a permis à l’institution de modifier radicalement la structure de son bilan en augmentant massivement sa part d’or physique. Le gouverneur a tenu à rassurer le Parlement : l’or demeure un pilier inaliénable des réserves nationales. Le changement opéré est purement stratégique, visant à optimiser l’équilibre entre les devises étrangères et les métaux précieux pour garantir une stabilité monétaire à long terme.
Les chiffres témoignent de l’ampleur de cette montée en puissance. Avant le lancement de ce programme proactif, la Banque du Ghana ne détenait qu’environ 8,7 tonnes d’or. Grâce à une politique d’achats réguliers et soutenus sur le marché intérieur, les avoirs totaux ont bondi pour atteindre plus de 40 tonnes en octobre 2025. Cette multiplication par plus de quatre de la composante aurifère offre à la nation une garantie solide contre la dépréciation monétaire et renforce la crédibilité du Ghana auprès des institutions financières internationales.
Enfin, cette gestion dynamique des réserves s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté économique. En accumulant de l’or produit localement, la Banque du Ghana réduit sa dépendance exclusive aux chocs externes tout en soutenant indirectement le secteur minier national. Cette approche proactive de la composition des actifs permet au pays de se constituer un trésor de guerre résilient, capable de soutenir la monnaie nationale et de rassurer les investisseurs sur la solidité des fondamentaux macroéconomiques ghanéens pour les années à venir.
