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Ghana : appel aux investisseurs pour relancer les capacités nationales de diagnostic et de traitement

par Jocelyne Bosson

Le gouvernement entend mobiliser des fonds de capital-investissement ainsi que des institutions de financement du développement afin de soutenir l’expansion nationale des services de diagnostic et de traitement. Cette démarche résulte d’un besoin urgent de reconstruction des infrastructures médico-techniques, affaiblies par des années de pannes d’équipements ayant empêché les hôpitaux publics d’assurer des services essentiels. S’exprimant lors du sommet WHX Leaders Africa à Accra, le président John Dramani Mahama a appelé les investisseurs privés, les fonds de capital-risque et les institutions financières de développement à cofinancer l’industrialisation du secteur de la santé sur le continent, rappelant que le financement public seul ne peut plus soutenir durablement le système médical national.

Le président a indiqué que, malgré un effort de modernisation antérieur ayant permis d’installer des IRM, des scanners et des équipements de laboratoire pour un montant supérieur à 250 millions de dollars américains, une grande partie de ces appareils est aujourd’hui hors service. Cette situation fragilise l’offre de soins et ralentit la mise en œuvre du nouveau Fonds fiduciaire médical du Ghana, d’un montant de 2,1 milliards de GH¢ (200 millions de dollars US), également connu sous le nom de MahamaCare. Selon lui, les fréquentes pannes de matériel entravent l’inscription des patients et compliquent le traitement des demandes de remboursement pour des soins à forte intensité de coûts, tels que les traitements anticancéreux ou la dialyse. Mahama a fait valoir que cette expérience illustre la nécessité d’un recours systématique aux partenariats public-privé (PPP).

Les défaillances techniques répétées ont mis en évidence des faiblesses structurelles du système de santé, aggravées par l’absence de dispositifs d’entretien performants. Cette situation a généré de fortes inégalités d’accès, notamment pour les patients résidant en dehors d’Accra et de Kumasi, contraints dans certains cas d’être transférés vers des établissements privés pour bénéficier d’examens d’imagerie. Le gouvernement prévoit désormais de réorienter ses investissements vers l’imagerie diagnostique, les laboratoires, le traitement du cancer, la dialyse et les services de génie biomédical, au sein de partenariats structurés avec des opérateurs privés. L’objectif est d’éviter la répétition des cycles d’effondrement des équipements publics liés à des systèmes de maintenance et d’approvisionnement défaillants.

Ce repositionnement s’inscrit dans un contexte de montée des maladies non transmissibles, qui représentent plus de 45 % de la morbidité nationale, et dans une stratégie plus large de souveraineté sanitaire. Le président a appelé les fabricants pharmaceutiques, les producteurs de vaccins, les sociétés de technologies médicales et de biotechnologie à co-investir dans des pôles industriels locaux, rappelant les vulnérabilités révélées par la pandémie de COVID-19. Le ministre de la Santé, Kwabena Mintah Akandoh, a annoncé la mise en place d’un système national de veille sanitaire et le développement d’outils numériques pour optimiser la surveillance épidémiologique et la gestion des ressources. La ministre du Commerce, Elizabeth Ofosu Adjare, a, quant à elle, souligné l’alignement des normes réglementaires sur les standards internationaux et le développement de parcs industriels dédiés à la production pharmaceutique et aux dispositifs médicaux, éléments clés de la transformation du secteur.

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