Le gouvernement sud-africain, par l’intermédiaire du ministre de l’Électricité et de l’Énergie Kgosientsho Ramokgopa, a approuvé une stratégie révisée pour la restructuration d’Eskom, le géant public de l’électricité. Cette décision constitue une étape clé vers l’ouverture complète du marché électrique du pays à la concurrence, en alignement avec les dispositions de l’Electricity Regulation Amendment Act et les orientations définies par le conseil d’administration d’Eskom.
Selon les orientations annoncées, les actifs de transmission resteront sous l’autorité de la National Transmission Company of South Africa (NTCSA), une filiale d’Eskom déjà séparée juridiquement. En parallèle, le gouvernement engagera le processus juridique visant à créer un opérateur de système de transmission (OST) pleinement indépendant. Cet OST sera chargé des opérations du système électrique, des fonctions de marché et des achats centralisés, avec pour mandat clé de garantir un accès non discriminatoire à l’infrastructure, condition essentielle à la formation d’un marché de gros compétitif. Ramokgopa a souligné que cette décision constitue une avancée majeure pour instaurer un marché concurrentiel conciliant supervision publique, tarification abordable et diversité d’approvisionnement.
Cette initiative intervient dans un contexte où Eskom fait face à des difficultés persistantes, notamment les délestages chroniques, le vieillissement des infrastructures et une dette dépassant les 400 milliards de rands. Depuis plusieurs années, experts et analystes recommandent un démantèlement progressif afin d’améliorer la transparence, renforcer l’attractivité pour les investisseurs privés et diversifier la capacité de production. La stratégie révisée vise ainsi à mobiliser les capitaux privés tout en préservant la stabilité financière d’Eskom et la sécurité énergétique nationale, appuyée par la séparation juridique déjà finalisée de la NTCSA.
Ramokgopa a précisé qu’Eskom mettra en œuvre la stratégie de restructuration par phases, afin de maîtriser les risques financiers et opérationnels associés. Le gouvernement s’engage à travailler étroitement avec les autorités de régulation, les municipalités et les syndicats pour assurer une transition ordonnée et inclusive. Le ministre a également insisté sur l’importance de combiner l’intégration accrue des énergies renouvelables avec une capacité de base fiable, tout en protégeant les consommateurs vulnérables et en garantissant l’accès universel à l’électricité dans le cadre de la transition énergétique juste menée par l’Afrique du Sud.
