L’ancienne Première dame du Ghana, Nana Konadu Agyeman-Rawlings, est décédée à Accra, le jeudi 23 octobre 2025 au matin, selon des sources proches de la famille. Cette disparition marque la fin d’une ère pour la vie politique ghanéenne, tant la défunte aura profondément influencé le paysage social et institutionnel du pays. Son nom reste indissociable des grandes transformations politiques et du mouvement d’émancipation des femmes au Ghana.
Première dame de 1981 à 2001, Mme Agyeman-Rawlings fut la conjointe du président Jerry John Rawlings, et la première à exercer aussi longtemps cette fonction dans l’histoire du pays. Au-delà de son statut protocolaire, elle s’est imposée comme une actrice politique à part entière, défendant activement la participation des femmes à la gouvernance. Son engagement lui a valu d’être reconnue comme une figure centrale du féminisme africain anglophone, contribuant à faire évoluer les mentalités sur le rôle des femmes dans la sphère publique.
Née le 17 novembre 1948, Nana Konadu Agyeman-Rawlings s’est distinguée par une vision avant-gardiste de l’autonomisation féminine. Elle a promu l’accès des femmes à la formation, à l’emploi et à la prise de décision politique. Sa pensée s’est articulée autour d’une conviction forte : le développement durable du Ghana passait nécessairement par une intégration accrue des femmes dans les structures économiques et institutionnelles.
Cette ambition s’est concrétisée à travers la création et la direction du Mouvement des femmes du 31 décembre, qu’elle a fondé et animé pendant plusieurs décennies. Sous sa conduite, le mouvement a joué un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin, la lutte contre la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des femmes rurales. Par son leadership et sa longévité politique, Nana Konadu Agyeman-Rawlings laisse un héritage durable dans l’histoire contemporaine du Ghana et du continent africain.
