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Ghana : Le COCOBOD face à l’impasse financière et aux arriérés de paiement

par Jocelyne Bosson

Le secteur cacaoyer ghanéen traverse une crise de liquidités majeure, marquée par des retards de paiement aux producteurs. Selon le Dr Ransford Anertey Abbey, Directeur Général du Ghana Cocoa Board (COCOBOD), cette situation résulte d’une conjonction de facteurs défavorables : le maintien de prix élevés à la production, l’exécution de contrats de vente à terme hérités du passé et le retrait d’acheteurs internationaux. Ces paramètres laissent actuellement des volumes importants de fèves invendus, asphyxiant la trésorerie de l’organe de régulation.

Le mode de financement de la campagne 2024-2025 illustre cette fragilité. Contrairement au modèle traditionnel basé sur des prêts syndiqués internationaux, la récolte actuelle est financée directement par les acheteurs. Ce basculement fait suite au défaut partiel du COCOBOD en 2022 sur ses engagements financiers, un incident qui a érodé la confiance des prêteurs. Le Dr Abbey a fermement rejeté les accusations de détournement de fonds, précisant que les déficits sont la conséquence directe du tarissement des sources de financement conventionnelles.

L’analyse technique révèle que le COCOBOD est prisonnier de contrats de vente à terme souscrits à des cours historiquement bas. L’organisme s’est engagé à livrer environ 333 767 tonnes de cacao au prix d’environ 2 737 $ la tonne (41 600 GH¢). Or, lorsque les cours mondiaux ont flambé, les détenteurs de ces contrats ont pris le contrôle du financement des récoltes pour sécuriser leurs approvisionnements. Cet arrangement, qualifié de « nécessité » par la direction, s’avère aujourd’hui coûteux puisque le régulateur doit honorer des livraisons à prix réduit.

Enfin, un déséquilibre flagrant entre le prix garanti aux planteurs et la réalité du marché international aggrave le déficit. Le COCOBOD rémunère actuellement les agriculteurs sur la base d’environ 5 305 $la tonne (80 640 GH¢). Cependant, le cacao se négocie désormais autour de 4 210$ la tonne (64 000 GH¢) sur les marchés mondiaux. Ce différentiel négatif de plus de 1 000 $ par tonne, couplé à la baisse des cours, place le régulateur dans une position financièrement intenable pour solder les arriérés de paiement.

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