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Ghana : Les assureurs en offensive pour briser le monopole bancaire dans les marchés publics

par Jocelyne Bosson

Le secteur des assurances au Ghana monte au créneau pour réclamer une révision profonde de la loi sur la gestion des finances publiques (PFM). Actuellement, les institutions publiques exigent exclusivement des garanties bancaires — telles que les cautions de soumission et d’exécution — pour couvrir les marchés publics. Les assureurs dénoncent cette disposition comme une barrière juridique artificielle, alors qu’ils possèdent, selon eux, la solidité financière et l’agrément réglementaire nécessaires pour garantir ces mêmes risques.

Ce monopole bancaire pèse lourdement sur la vitalité économique des entreprises ghanéennes, en particulier les PME. Le recours obligatoire aux banques contraint souvent les entrepreneurs à immobiliser des capitaux précieux en dépôts de garantie ou à supporter des frais bancaires prohibitifs. Cette dynamique exclut, de facto, de nombreux acteurs locaux de la commande publique, les privant de ressources essentielles qui auraient dû être investies directement dans la réalisation des projets.

Pour remédier à cette situation, les compagnies d’assurance proposent une alternative économiquement plus agile : des garanties émises sur la base de leurs fonds propres. Cette approche permettrait aux entreprises de préserver leur trésorerie tout en bénéficiant de coûts de garantie réduits. Un cadre dirigeant du secteur insiste : il ne manque qu’une mise à jour législative pour aligner la loi sur la réalité du marché et libérer les capitaux nécessaires à l’accélération des infrastructures nationales.

Face à cet enjeu, le secteur des assurances exhorte désormais le ministère des Finances et le Parlement ghanéen à intégrer explicitement les « garanties d’assurance » dans le cadre légal des marchés publics. L’objectif est double : stimuler une concurrence saine entre institutions financières et favoriser une économie plus inclusive. En diversifiant les instruments de garantie, le Ghana pourrait non seulement réduire les coûts d’accès aux contrats, mais aussi garantir une exécution plus fluide et efficace de ses chantiers publics.

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