Ouvert ce lundi 30 mars 2026, le Forum d’Affaires UE-Région se positionne comme le tournant décisif pour la connectivité régionale en Afrique de l’Ouest. Durant trois jours, Abidjan devient l’épicentre des négociations entre décideurs politiques et investisseurs internationaux pour transformer les corridors stratégiques Abidjan-Lagos et Abidjan-Ouagadougou. Cette rencontre de haut niveau, co-organisée par l’État ivoirien et l’Union européenne, vise à briser les barrières logistiques entre six pays voisins, réaffirmant ainsi le rôle de la Côte d’Ivoire comme moteur naturel de l’intégration sous-régionale.
L’enjeu de ce sommet dépasse la simple construction de routes ; il s’agit de bâtir une infrastructure de transport fluide et décarbonée capable de doper les échanges commerciaux. En présence des ministres des Transports du Bénin, du Nigeria et du Ghana, les discussions se sont cristallisées sur l’alignement des projets nationaux avec la stratégie européenne Global Gateway. Ce cadre d’investissement durable cherche à moderniser les axes transfrontaliers pour en faire de véritables corridors de croissance, facilitant non seulement le transit des marchandises mais aussi l’accès aux services essentiels pour les populations locales.
Représentant le Premier ministre Robert Mambé, la ministre d’État Anne Ouloto a porté une vision ambitieuse d’une « Afrique qui unit ses forces ». Pour le gouvernement ivoirien, la fluidité du mouvement des biens et des personnes est le socle indispensable à toute émergence économique réelle. Cette initiative diplomatique et financière souligne que l’intégration régionale n’est plus une option, mais une nécessité absolue pour optimiser les coûts logistiques et accroître la compétitivité des produits ouest-africains sur le marché mondial.
L’exécution de cette ambition repose sur une mobilisation financière sans précédent. Le nouveau Plan National de Développement (PND 2026-2030) de la Côte d’Ivoire affiche un besoin global de 185,5 milliards $, dont une part colossale de 70,2 % est attendue du secteur privé. Ce forum sert donc de plateforme de « matchmaking » pour convaincre les investisseurs que les corridors africains représentent aujourd’hui l’un des placements les plus stratégiques et rentables au monde, à condition que les États maintiennent un cadre réglementaire stable et transparent.
