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Afrique-Asie : un accord financier de plus de 1 milliard de dollars en vue après Bangkok

par Kamagaté Issouf

L’Asie concentre désormais plus de 40 % des échanges commerciaux de l’Afrique, mais l’afflux de capitaux asiatiques vers les entreprises et infrastructures du continent accuse un retard structurel. Pour combler cette assymétrie, le Dialogue sur les capitaux Afrique de l’Ouest-Asie, co-organisé par la société de conseil singapourienne Global Markets et la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), s’est tenu le 15 octobre 2026 à Bangkok en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. À l’issue d’échanges à huis clos entre gouverneurs de banques centrales, banques de développement et géants bancaires asiatiques comme MUFG, ICBC et Nomura, les négociations ont progressé vers un accord de financement potentiel de plus d’un milliard de dollars américains, ciblant une finalisation opérationnelle d’ici trois à six mois.

L’initiative a dépassé les simples discours d’intention pour se concentrer sur les exigences techniques d’octroi de crédits et l’ingénierie financière des transactions bancables. Sous la conduite de figures clés comme le Dr Mory Soumahoro (vice-président de la BIDC), Olayemi Cardoso (gouverneur de la Banque centrale du Nigéria), Kanayo Awani (vice-présidente exécutive d’Afreximbank), Manuel Moses (directeur général d’ATIDI) et Wamkele Mene (sécurité général de la ZLECAf), la délégation africaine a détaillé ses besoins en infrastructures, énergie et industrie. La BIDC s’est positionnée en intermédiaire stratégique pour l’identification d’emprunteurs solvables, la préparation des projets et la co-gestion des risques sur le marché ouest-africain.

Sur le plan des réformes macroéconomiques et réglementaires, le gouverneur de la Banque centrale du Nigéria, Olayemi Cardoso, a rappelé que l’attractivité des capitaux privés exigeait une visibilité totale sur la liquidité et le rapatriement des fonds. M. Cardoso a mis en avant l’unification du marché des changes nigérian, l’apurement de 7 milliards de dollars d’arriérés de devises et la consolidation du secteur bancaire. Il a également souligné l’existence d’un accord de swap de devises en renminbi avec la Chine et d’un cadre établi avec la Société financière internationale (SFI) pour promouvoir les financements en monnaie locale, des leviers conçus pour rassurer les bailleurs asiatiques face au risque de change.

Cette mobilisation conjointe intervient alors que le continent fait face à un déficit annuel de financement du commerce estimé entre 74 et 100 milliards de dollars américains, aggravé par le retrait des relations de banque correspondante et les contraintes logistiques. Les représentants d’Afreximbank et de la ZLECAf ont insisté sur l’immense potentiel de marché que représente la zone de libre-échange, fort de 1,4 milliard de consommateurs et d’un PIB de 3 500 milliards de dollars. Pour les institutions multilatérales, la création d’infrastructures de garantie et de mécanismes de partage des risques reste le principal catalyseur capable de transformer l’appétit des investisseurs en engagements fermes.

Enfin, les participants ont convenu de traduire immédiatement ces orientations stratégiques en feuilles de route opérationnelles pour concrétiser la signature du contrat-cadre d’ici début 2027. En associant la puissance de feu des banques asiatiques à l’expertise d’ancrage régional des institutions multilatérales africaines, ce partenariat de plus d’un milliard de dollars entend poser un nouveau jalons dans l’intégration financière Sud-Sud. L’enjeu prioritaire consistera désormais à structurer rapidement les premières tranches de prêts pour alimenter le tissu industriel et combler le déficit d’infrastructures en Afrique de l’Ouest.

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