Bloomfield Intelligence, filiale de Bloomfield Investment Corporation a relevé la note de risque crédit de la Côte d’Ivoire de 6,3 à 6,5 avec une perspective stable. Ce qui consacre la résilience du profil souverain du pays, désormais solidement ancré dans la catégorie « risque faible ». Cette trajectoire ascendante repose sur une optimisation des agrégats de performance, notamment une gestion des finances publiques réévaluée à 6,5 et une solidité financière de 6,4. L’amélioration notable du climat des affaires (6,6) et la stabilisation du cadre sociopolitique — dont le score progresse de 4,5 à 5 — agissent comme des catalyseurs de confiance pour les investisseurs internationaux, garantissant une perspective stable à moyen terme.
Le tissu économique ivoirien amorce une transition structurelle marquée par la montée en puissance du secteur secondaire, bien que l’impératif d’industrialisation cible encore un seuil de 40% du PIB. On observe un rééquilibrage stratégique de la création de richesse : l’hégémonie des multinationales fléchit (passant de 80% à 76%), au profit d’un entrepreneuriat national qui capte désormais 24% de la valeur ajoutée. Toutefois, cette dynamique reste tributaire de la sécurisation du secteur primaire face aux aléas climatiques et de la lutte contre l’orpaillage illégal, un fléau dont l’externalité négative est estimée à 3 000 milliards FCFA.
En matière de gestion publique, l’État démontre une efficacité opérationnelle accrue avec un taux de recouvrement des ressources de 100%, soit une progression annuelle de 15%. Cette performance renforce mécaniquement les capacités d’investissement de la puissance publique. Néanmoins, l’appareil institutionnel doit encore lever les verrous liés aux lourdeurs administratives et à l’opacité des déclarations de patrimoine pour optimiser les mécanismes de sanction. La persistance de la corruption, dont l’impact est évalué entre 3 et 6% des ressources nationales, demeure le principal frein à l’optimisation de la dépense publique.
La stratégie de désendettement porte ses fruits avec une réduction du ratio stock de la dette/PIB, qui reflue de 59% à 57%. Si cette décrue signale une meilleure maîtrise de l’exposition souveraine, le service de la dette conserve une inertie préoccupante. Bien qu’en net recul par rapport au pic historique de 92%, le ratio du service de la dette rapporté aux revenus s’établit à 76% à la fin du troisième trimestre 2025. Cette pression sur la liquidité de l’État impose une discipline budgétaire stricte pour préserver la solvabilité du pays et sa capacité à financer sa croissance future sans dégradation de sa signature financière.
