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Le secteur bancaire ivoirien affiche un total bilan de 30 000 milliards FCFA à fin 2025

par Kamagaté Issouf

Le secteur bancaire ivoirien consolide sa position de leader au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec un total bilan de 30 000 milliards FCFA enregistré à la fin de l’année 2025. Selon Chalouho Coulibaly, directeur national de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui intervenait ce jeudi 30 avril, à la conférence risque pays de Bloomfield Investment , cette performance est portée par les 32 établissements bancaires opérant sur le territoire national. Dans cette dynamique, la Banque centrale soutient les institutions financières via un dispositif de refinancement des créances portées sur les PME, PMI et entreprises à fort potentiel de croissance (IGP).

Le mécanisme de soutien aux petites et moyennes entreprises a déjà permis d’accompagner de nombreuses structures locales. À titre d’exemple, sur 933 PME et PMI encadrées par des organismes d’appui, 370 ont bénéficié de crédits bancaires pour un montant global de 57,3 milliards FCFA. Parallèlement, la BCEAO multiplie les actions en faveur de l’inclusion financière par le développement des services financiers digitaux et la modernisation des systèmes de paiement, visant à faciliter l’accès au crédit grâce à des solutions innovantes de partage des risques.

Sur le plan de la conjoncture macroéconomique, la Côte d’Ivoire affiche un déficit budgétaire contenu à 3%, après les tensions liées à la crise de la Covid-19 et au conflit russo-ukrainien. L’encours de la dette publique s’établit à 57,1% du PIB à fin 2025. Toutefois, le taux de pression fiscale demeure à 14%, un niveau inférieur à la norme communautaire de l’UEMOA fixée à 20%. Cette situation place le financement endogène, reposant sur la mobilisation de l’épargne domestique, au cœur de la stratégie de développement financier du pays.

L’approfondissement du marché des capitaux constitue un autre axe majeur avec une diversification attendue des instruments financiers. Les autorités monétaires préconisent le recours accru aux obligations de long terme, aux Sukuks, ainsi qu’aux obligations vertes. Ce développement du marché financier doit également s’appuyer sur une plus grande mobilisation des ressources institutionnelles, notamment à travers des réformes visant à augmenter le taux de pénétration du secteur des assurances, dont les acteurs détiennent une épargne de long terme indispensable au financement de l’économie.

Enfin, la stratégie de financement endogène intègre la mobilisation de l’épargne de la diaspora ivoirienne. Des efforts de communication sont déployés pour promouvoir les dispositions existantes, telles que la possibilité pour les Ivoiriens résidant à l’étranger de détenir et d’alimenter des comptes bancaires dans leur pays d’origine. Au-delà de la levée de fonds, le renforcement de ce modèle de financement appelle une amélioration continue de l’environnement des affaires pour l’ensemble des acteurs économiques de la place financière.

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