À Abidjan, décideurs publics, experts financiers et représentants d’institutions internationales se sont réunis autour d’un atelier consacré à la maîtrise du cycle complet des obligations vertes, sociales et durables (GSS). Cet événement, coorganisé par la BRVM et le GGGI, marque une étape clé dans l’intégration de la finance durable au sein des économies ouest-africaines. Mme Olola Vieira, directrice pays du GGGI, a salué l’exemplarité ivoirienne, portée par un capital financier robuste et une stratégie de transition écologique adossée au document UNG élaboré avec le soutien des Nations Unies. Entre 2021 et 2024, plus de 3 625 milliards de dollars ont été mobilisés pour financer 530 projets liés au développement durable.
Face à l’urgence climatique, les pays de la région s’efforcent de mettre en place des mécanismes de financement plus transparents et résilients. La Côte d’Ivoire, avec l’appui du FMI, a lancé en mai dernier sa propre taxonomie verte, un outil destiné à classifier les activités économiques durables et à harmoniser les normes de reporting. Cette démarche ambitieuse s’inscrit dans un processus de convergence avec les standards internationaux et permet d’assurer une gestion rigoureuse des financements verts, notamment via des évaluations externes, des rapports d’allocation et une communication active avec les parties prenantes.
La directrice régionale Afrique du GGGI, Katerina Syngellakis, a rappelé que le déficit annuel de financement climatique en Afrique dépasse les 200 milliards de dollars, selon la BAD. Dans ce contexte, les obligations thématiques apparaissent comme des instruments essentiels pour accélérer la transition écologique. Grâce au soutien du Grand-Duché de Luxembourg, le GGGI a lancé un Fonds fiduciaire mondial destiné à structurer des marchés obligataires durables dans les pays en développement. L’objectif est clair : renforcer les capacités, améliorer les cadres réglementaires et faciliter l’accès aux capitaux pour les projets à fort impact environnemental.
Bien que le marché régional reste encore embryonnaire, des signaux positifs émergent. L’émission, en septembre 2024, d’une première obligation verte par le groupe Baobab, pour un montant de 20 milliards FCFA, illustre l’intérêt croissant des acteurs économiques pour ces outils innovants. Pour la BRVM, ce dynamisme témoigne du potentiel de transformation de la finance verte en Afrique de l’Ouest. En mobilisant les énergies autour d’une vision commune et durable, la région se donne les moyens d’accélérer sa croissance tout en préservant son avenir écologique.
