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L’hégémonie par le chaos : la doctrine Trump à l’épreuve de Téhéran

par Kamagaté Issouf

L’aveu de Donald Trump sur Fox News, confirmant la livraison d’armes aux manifestants iraniens via les forces kurdes, marque une rupture historique avec la retenue diplomatique conventionnelle. En revendiquant ouvertement une stratégie de déstabilisation armée, Washington assume un rôle de « parrain » des insurrections, une méthode que le président américain semble avoir perfectionnée après le renversement de Nicolas Maduro au Venezuela. Ce « gangstérisme d’État », qui ne s’embarrasse plus du droit international, place désormais la force brute au-dessus de la souveraineté des nations, transformant chaque foyer de contestation en un levier d’ingérence directe dirigé par la Maison-Blanche.

L’offensive s’est cristallisée autour de la menace nucléaire, instrumentalisée pour justifier le passage à l’acte militaire. En martelant le chiffre de 460 kg d’uranium enrichi détenus par la République islamique, la coalition américano-israélienne a balayé les négociations en cours pour imposer un « retrait forcé ». Cette logique du fait accompli a transformé une question de prolifération technique en un casus belli immédiat, servant de paravent à une opération d’envergure dont l’objectif n’était plus la surveillance, mais l’anéantissement pur et simple des capacités stratégiques et politiques de l’adversaire.

Le basculement définitif s’est produit le 28 février, lors du bombardement chirurgical de Téhéran qui a conduit à la mort du Guide Suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. Cette attaque contre le régime, accompagnée du drame de Minab où une école de jeunes filles a été frappée, causant la mort d’une centaine d’élèves, illustre le coût humain terrifiant de cette nouvelle guerre. L’installation de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père, à travers l’Assemblée des experts, envoie un signal fort à la coalition qui a choisi l’option d’un changement de régime au mépris de la voix du peuple iranien, meurtri par des pertes civiles, qui entachent durablement la légitimité de l’intervention coalis

Les récentes révélations de Donald Trump sur son besoin impérieux de pétrole iranien lèvent le voile sur les véritables motivations de cette campagne éclair. Derrière les discours sur la liberté et la sécurité régionale se cache une ambition énergétique prédatrice, visant à sécuriser les flux d’hydrocarbures dans un marché mondial sous tension. En liant le sort de Téhéran à la soif de ressources de l’économie américaine, Washington confirme que sa stratégie de puissance repose moins sur des idéaux démocratiques que sur un pragmatisme implacable pour le contrôle des richesses stratégiques du Moyen-Orient.

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