Le secteur marocain de l’assurance confirme sa maturité et son rôle systémique dans l’économie nationale en 2025, avec un volume de primes émises atteignant 6,84 milliards $ (64,3 milliards de dirhams), soit une progression robuste de 7,9%, selon les informations parvenues ce jeudi 12 mars des acteurs du secteur du Maroc. Au-delà de la simple collecte, les compagnies d’assurance et de réassurance consolident leur statut d’investisseurs institutionnels de premier plan. À la fin de l’année, l’encours global de leurs placements financiers s’élève à 24,75 milliards $), (232,7 MMDH)marquant une influence croissante sur les marchés de capitaux et une capacité de financement de l’économie réelle en constante expansion.
L’assurance-vie s’impose comme le principal moteur de cette dynamique avec une hausse de 8,6%, portée par une fonction d’épargne de long terme de plus en plus plébiscitée. Si les supports classiques en dirhams constituent toujours le socle du marché 2,51 milliards $, l’année 2025 est marquée par une mutation structurelle : l’essor fulgurant des unités de compte (UC). Ces dernières ont bondi de 43,8% pour atteindre 238 millions $ ( 2,24 MMDH), révélant une sophistication accrue des épargnants qui, en quête de rendement, acceptent désormais une exposition directe aux fluctuations des marchés financiers.
Le segment Non-Vie, en croissance de 7,3% pour 3,70 milliards $, reste solidement ancré sur ses piliers historiques tout en affichant des poches de croissance technique exceptionnelles. L’assurance automobile demeure la locomotive de cette branche avec 1,74 milliard $ (dont 1,42 milliard $ en responsabilité civile obligatoire), suivie par les accidents corporels et la santé (638 millions $). Toutefois, l’indicateur le plus frappant concerne les risques techniques, qui s’envolent de 74,9% pour atteindre 70,8 millions $, témoignant d’une corrélation directe avec la reprise des grands chantiers et des investissements industriels dans le Royaume.
En conclusion, la physionomie du marché en 2025 dessine un secteur à double détente : une stabilité garantie par les assurances obligatoires et l’épargne sécurisée, et une agilité nouvelle portée par les produits financiers et les couvertures de risques industriels. Cette solidité financière, couplée à une gestion d’actifs prudente mais diversifiée, permet aux assureurs de naviguer sereinement dans un environnement macroéconomique en mutation. La barre des 24,7 milliards $ de placements franchie cette année acte définitivement le poids prépondérant du secteur dans la souveraineté financière du pays.
