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Nigeria : perspectives de pression sur le naira au second semestre 2025

par Issac le Blanc

Selon la société de conseil et de gestion d’actifs Norrenberger, le naira pourrait subir une pression accrue au cours du second semestre 2025 en raison d’un cycle d’assouplissement anticipé de la politique monétaire de la Banque centrale du Nigeria (CBN) et d’une demande saisonnière de devises étrangères pour les voyages et les études à l’étranger, rapporte Business day Nigeria. Les nouvelles mesures protectionnistes aux États-Unis, y compris la réimposition de certains tarifs douaniers, pourraient également renforcer le dollar américain et accentuer la tension sur les devises des marchés émergents, dont le naira.

Au cours du premier semestre 2025, le naira est resté relativement stable, soutenu par des mesures budgétaires et monétaires incitatives visant à attirer les investissements de portefeuille. Le comité de politique monétaire (MPC) dirigé par Olayemi Cardoso a maintenu des taux d’intérêt élevés après un cumul de hausses de 875 points de base, générant un afflux de capitaux étrangers de portefeuille d’environ 5,2 milliards USD, représentant près de 90 % des investissements étrangers entrants. Cette politique a contribué à stabiliser la devise nationale et à limiter les pressions baissières sur le naira.

Pour le second semestre, Norrenberger anticipe une baisse graduelle des taux d’intérêt, estimée à 200 points de base, ramenant le taux de prêt à 25,5 %. Cette réduction devrait stimuler l’investissement et la consommation tout en soutenant la reprise économique, alors que l’inflation montre des signes de ralentissement pour le quatrième mois consécutif grâce à la modération des prix de l’énergie et à l’amélioration des récoltes saisonnières. L’assouplissement monétaire pourrait toutefois réduire l’attrait des investissements de portefeuille, augmentant la vulnérabilité du naira à une pression à la baisse.

Malgré ces vents contraires, la société de conseil prévoit que le naira continuera de s’échanger dans une bande stable de 1 500 à 1 600 N/USD à court terme, soutenu par les réformes structurelles, les interventions ciblées sur le marché des changes et la confiance progressive des investisseurs. Norrenberger souligne que, sauf choc externe majeur, la CBN devrait mettre en œuvre au moins deux baisses de taux modérées d’ici la fin de l’année, reflétant une maîtrise progressive de l’inflation tout en favorisant la reprise économique globale.

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