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Global Project Oasis scanne le profil des médias numériques dans sept pays africains

par Kamagaté Issouf

Le projet Oasis, piloté par SembraMedia avec le soutien de la Google News Initiative, a présenté l’intégration de profils de médias numériques issus de sept pays africains lors d’une initiative de recherche mondiale. Accompagnée d’experts locaux, l’équipe a offert une perspective interrégionale sur l’écosystème des médias d’information indépendants en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Kenya, au Maroc, au Nigeria, au Sénégal et en Afrique du Sud. Cet événement a réuni des dirigeants de médias du continent et des partenaires du journalisme afin de discuter des moyens de renforcer la viabilité, l’innovation et la collaboration, s’appuyant sur des travaux de cartographie menés dans plus de 70 pays.

L’analyse de ces marchés met en lumière un angle mort structurel concernant la couverture géographique. En effet, la production d’information se concentre principalement aux niveaux national et international, tandis que les reportages hyperlocaux et locaux ne représentent qu’en moyenne 5 % des points de vente, chutant même à 3 % au Kenya et au Ghana. Les médias numériques de la région semblent ainsi conçus pour desservir un public national et mondial au détriment des besoins spécifiques des villes, des quartiers ou des communautés rurales.

Sur le plan linguistique et démographique, la concentration de l’édition se tourne massivement vers les langues coloniales, l’anglais constituant la principale langue pour 64 % des médias interrogés et le français pour 28 %, au détriment des langues autochtones africaines. Cette orientation positionne ces acteurs vers un public urbain et instruit, bien que l’expansion vers les idiomes locaux demeure un levier essentiel d’inclusion. De plus, la composition des équipes fondatrices joue un rôle central dans l’identité, les priorités éditoriales et la culture de leadership de ces structures.

Enfin, sur le plan économique, la majorité de ces médias numériques fonctionnent comme des entités à but lucratif, représentant 64 % des répondants, tandis que les modèles à but non lucratif et hybrides occupent une part plus modeste mais significative. Cette configuration souligne l’importance des sources de revenus fondées sur le marché, telles que la publicité et les services commerciaux. La cohabitation de ces différents modèles s’avère particulièrement cruciale sur des marchés où les recettes publicitaires restent limitées et où le soutien des donateurs ou la propension du public à payer demeurent incertains.

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