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Reprise modérée du commerce mondial au premier semestre 2025

par Paul De Kouamé

Le commerce mondial a progressé de 300 milliards de dollars au premier semestre 2025, soutenu principalement par une hausse des importations américaines (+14 %) et des exportations européennes (+6 %), selon la CNUCED. Cette reprise s’est produite dans un contexte de croissance modérée, avec une augmentation de 1,5 % au premier trimestre et une projection à 2 % pour le deuxième. Le secteur des services a été le principal vecteur de cette dynamique, avec une croissance de 9 % sur un an, confirmant son rôle central dans la transformation structurelle des échanges internationaux.

Prix en hausse, volumes à la traîne

L’élévation de la valeur des échanges s’explique en partie par la hausse des prix, qui progresse lentement mais régulièrement. En revanche, les volumes n’ont augmenté que de 1 %, signalant une reprise encore fragile. Cette divergence prix/volume suggère que la croissance actuelle repose davantage sur des facteurs monétaires que réels, ce qui pourrait amplifier les déséquilibres en cas de retournement conjoncturel. La tendance haussière des prix au deuxième trimestre pourrait accentuer cette distorsion, surtout si l’inflation importée persiste dans certaines régions.

Le retour des économies avancées en tête de file

Les économies développées reprennent temporairement le leadership du commerce mondial, inversant la dynamique observée ces dernières années en faveur des pays en développement. Ce retournement est particulièrement visible dans les échanges intra-OCDE, tandis que les importations des pays en développement ont chuté de 2 %, avec une stagnation notable du commerce Sud-Sud. Seule l’Afrique fait exception, enregistrant une hausse de 5 % de ses exportations et une croissance de 16 % de son commerce intra-régional, soulignant une résilience régionale contrastée.

Tensions géopolitiques et incertitudes structurelles à l’horizon

Malgré cette embellie relative, les déséquilibres commerciaux mondiaux s’aggravent : le déficit des États-Unis se creuse face à la Chine, l’Union européenne et le Viet Nam, renforçant les tensions bilatérales. Les risques s’accumulent pour le second semestre, entre incertitudes politiques, droits de douane accrus et politiques industrielles protectionnistes. Si les chaînes d’approvisionnement mondiales restent résilientes, leur stabilité dépendra fortement de la clarté des politiques économiques et de l’évolution des tensions géopolitiques. Le commerce mondial reste donc sous pression, entre résilience sectorielle et fragmentation croissante.

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