Le gouvernement congolais a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de relance du transport ferroviaire avec la signature, le 4 juillet 2025, d’un contrat de 257 millions de dollars pour la réhabilitation de la ligne Kisangani–Ubundu, longue de 115 km. Ce partenariat, conclu entre le ministère des Transports et un consortium formé de la société sud-coréenne Korea Engineering Consultants Corp (KECC) et de l’entreprise congolaise Masco Énergies & Construction (MEC), prévoit un démarrage des travaux avant fin juillet, pour une durée de 36 mois. La banque Equity BCDC devrait assurer un soutien financier au projet, bien que les modalités de financement restent à préciser.
La réhabilitation de cette ligne, à l’arrêt depuis 2019 en raison du mauvais état du matériel et des infrastructures, s’inscrit dans un plan plus vaste visant à relier Kisangani à Kalemie via Ubundu et Kindu. Si les détails du contrat de concession restent confidentiels, la présence de KECC, société expérimentée en ingénierie multisectorielle à l’échelle internationale, rassure quant à la solidité technique du projet. Son expertise couvre la gestion de projets complexes en Afrique, en Asie et en Amérique latine, notamment dans le domaine des infrastructures de transport.
En revanche, Masco Énergies & Construction demeure encore peu connue sur la scène industrielle. Toutefois, l’entreprise a déjà signé un protocole d’accord avec le ministère congolais de l’Industrie pour la construction d’une cimenterie à Maiko, accompagnée d’une centrale électrique de 120 MW. Ce projet, également situé dans la province de la Tshopo, témoigne de la volonté de MEC de s’ancrer dans l’industrialisation de la région, conformément au Plan directeur d’industrialisation de la RDC.
Au-delà de la ligne Kisangani–Ubundu, les ambitions ferroviaires du gouvernement se matérialisent par d’autres initiatives, comme l’appel à manifestation d’intérêt international lancé en mai dernier pour moderniser le réseau dans les provinces de l’Uélé et de la Mongala. Ce vaste chantier, portant sur 870 km de voies ferrées entre Bumba et Mungbere, vise à désenclaver les régions du nord-est et à réactiver le potentiel logistique du pays. En reconnectant progressivement ses territoires, la RDC mise sur les infrastructures ferroviaires comme levier d’intégration nationale et de développement économique.
