Le gouvernement ghanéen et le Fonds monétaire international (FMI) ont conclu un accord au niveau des services concernant la cinquième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) de 3,2 milliards de dollars. Cet accord, qui ouvre la voie à un nouveau décaissement d’environ 385 millions de dollars après approbation par le Conseil d’administration du FMI, marque une étape importante dans le programme de stabilisation macroéconomique engagé depuis mai 2023. Selon Ruben Atoyan, chef de mission du FMI à Accra, la reprise du Ghana « prend racine », soutenue par une croissance plus forte, une inflation en baisse et une amélioration des équilibres extérieurs. Le total des décaissements atteindra ainsi 2,8 milliards de dollars, traduisant la confiance du Fonds dans la trajectoire économique du pays.
Les indicateurs macroéconomiques montrent une amélioration notable. Au premier semestre 2025, la croissance a dépassé les prévisions grâce à la vigueur du secteur des services et à une production agricole soutenue. Le cedi s’est apprécié, tandis que les réserves de change ont continué de croître au-delà des objectifs fixés. Le FMI prévoit une croissance de 4,8 % en 2026 et une stabilisation de l’inflation autour de 8 %, dans la marge cible de la Banque du Ghana. Ces performances sont appuyées par la solidité des exportations d’or et de cacao, qui renforcent la position extérieure du pays. Parallèlement, la banque centrale a réduit son taux directeur à 21,5 %, après un recul de l’inflation, afin d’ancrer durablement les anticipations et de soutenir la reprise.
Sur le plan budgétaire, le Ghana a enregistré un excédent primaire de 1,1 % du PIB sur les huit premiers mois de 2025, en bonne voie pour atteindre l’objectif de 1,5 % à la fin de l’année. Les autorités entendent maintenir cette discipline à travers un nouveau cadre de responsabilité budgétaire dès 2026. Le FMI salue ces efforts, combinés à une restructuration efficace de la dette dans le cadre du Cadre commun du G20. Des accords bilatéraux ont été finalisés avec cinq pays créanciers, tandis que les négociations se poursuivent avec les créanciers commerciaux. Ces avancées améliorent sensiblement la viabilité de la dette et la confiance des investisseurs internationaux dans la trajectoire financière du pays.
Le gouvernement poursuit également les réformes structurelles, notamment dans le secteur de l’énergie et du système financier. Les autorités ont renégocié les contrats avec les producteurs d’électricité indépendants et instauré des ajustements tarifaires trimestriels pour refléter les coûts réels. Le mécanisme de paiement en cascade a permis une nette amélioration des règlements, contribuant à stabiliser le secteur énergétique. Par ailleurs, la Banque du Ghana, avec le soutien du FMI, met en œuvre un nouveau cadre de gestion des changes pour réduire la volatilité et renforcer les réserves. Le processus de recapitalisation des banques publiques devrait s’achever d’ici fin 2025. Pour le FMI, ces progrès illustrent la détermination du Ghana à restaurer la stabilité macroéconomique et à bâtir les fondations d’une croissance inclusive et durable.
