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Transparence financière : la balance des paiements au cœur des discussions au Nigeria

par Paul De Kouamé

La rigueur des comptes publics du Nigeria se retrouve une nouvelle fois au centre de l’attention internationale à la suite de la publication du rapport Nigeria Development Update d’octobre 2026 par la Banque mondiale. L’institution financière y met en évidence un écart comptable majeur de 12,4 milliards de dollars au niveau de la balance des paiements sur les six premiers mois de l’année 2026, classé administrativement parmi les erreurs et omissions nettes. Cette importante distorsion bilantielle suscite de vives interrogations chez les analystes économiques, qui y voient le signe potentiel de recettes d’exportation d’hydrocarbures non réintégrées au sein des réserves de change de la Banque centrale.

Saisissant l’enjeu institutionnel de ces révélations, le Congrès démocratique africain (ADC) a officiellement sommé le gouvernement du président Bola Tinubu, le 17 octobre 2026, de faire toute la lumière sur la traçabilité de ces flux financiers. Le parti d’opposition rappelle que ce déficit équivaut à près d’un quart de l’ensemble du budget fédéral nigérian pour l’exercice 2026 et surpasse le montant de l’excédent de la balance courante sur la période concernée. Pour l’ADC, la clarification rigoureuse de ces mouvements de capitaux constitue une obligation démocratique et budgétaire inévitable face aux citoyens.

Du côté de l’exécutif, la présidence nigériane a mis en avant les indicateurs macroéconomiques positifs soulignés dans ce même rapport d’octobre 2026 de la Banque mondiale. Le président Bola Tinubu a salué les progrès attribués aux réformes structurelles engagées — notamment la suppression des subventions sur les carburants et la rationalisation du marché des changes —, lesquelles ont permis une hausse significative des revenus redistribués aux États fédérés pour leurs dépenses d’infrastructures. Les responsables gouvernementaux insistent sur le fait que la trajectoire économique globale reste orientée vers la stabilisation budgétaire.

Au-delà de la controverse politique, cet épisode met en évidence les défis persistants de la traçabilité des ressources extractives et de la gestion des devises au Nigeria. Alors que la population soutient le coût social des réformes d’assainissement économique, la clarification des mécanismes de rapatriement des recettes pétrolières apparaît comme une condition essentielle pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs internationaux dans la gestion institutionnelle du pays.

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