La recomposition de l’opposition ivoirienne s’accélère en ce début d’année 2026. Par un courrier officiel daté du 6 janvier, Simone Ehivet a acté le retrait du MGC de la coalition CAP-CI. En signifiant cette décision à Tidjane Thiam, elle confirme l’érosion du bloc d’opposition qui, après le départ du COJEP de Charles Blé Goudé, perd désormais un autre de ses piliers fondateurs.
Ancienne cheville ouvrière et voix de la coalition, la présidente du MGC s’était déjà distancée de l’organe commun lors de la présidentielle de 2025. Toutefois, la phase de réorganisation interne actuelle a révélé des fractures irréconciliables. Ce retrait n’est pas qu’une simple formalité ; il symbolise l’échec d’une collaboration qui n’aura pas survécu aux secousses de l’après-scrutin.
L’argumentaire du MGC repose sur une incompatibilité de valeurs. Simone Ehivet dénonce des choix stratégiques contraires à l’ADN de son mouvement, évoquant des désaccords de fond sur la direction prise par la coordination dirigée par le PDCI-RDA. Cette « rupture idéologique » suggère que le consensus nécessaire à la survie de la CAP-CI est désormais rompu.
En choisissant la voie de l’indépendance, Simone Ehivet cherche à faire du MGC une alternative crédible, loin des grands ensembles. Cette dynamique de « cavalier seul » souligne la difficulté de maintenir une opposition unie en Côte d’Ivoire. La multiplication des identités partisanes fortes semble primer sur la stratégie de bloc, rendant l’avenir de la coalition de Tidjane Thiam de plus en plus incertain.
