La plateforme aéroportuaire internationale Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan a été le théâtre d’un incident technique d’une ampleur inédite le dimanche 17 mai. Une coupure générale d’électricité a brutalement plongé l’infrastructure dans un black-out total pendant plusieurs heures. Cet incident majeur a mis en lumière la vulnérabilité des systèmes d’alimentation de secours d’un des hubs aériens les plus importants de la sous-région, paralysant instantanément l’ensemble des opérations terminales.
À l’origine de cette crise se trouve une double défaillance technique hautement improbable mais critique. Le réseau principal, opéré par la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), a d’abord subi une avarie majeure. Ce point de rupture initial a malheureusement été immédiatement suivi par une panne simultanée des groupes électrogènes de secours de l’aéroport. Ce défaut d’activation de la redondance électrique — censée prendre le relais en quelques secondes — a neutralisé tous les systèmes informatiques, d’enregistrement et de sécurité de la plateforme.
Privées d’énergie et d’outils numériques, les équipes aéroportuaires ont dû basculer en mode dégradé, gérant manuellement les flux de passagers dans des conditions logistiques extrêmes. L’arrêt des systèmes de climatisation, combiné à l’obscurité, a rapidement transformé l’aérogare en une étuve, exacerbant la tension. Les procédures manuelles d’embarquement et de contrôle des bagages ont inévitablement provoqué des retards en cascade, bloquant les voyageurs au sol et perturbant les plans de vol des compagnies aériennes.
Dans l’aérogare, l’attente prolongée et le manque d’informations ont rapidement laissé place à des scènes de détresse et de chaos parmi les voyageurs. Entre l’inconfort thermique étouffant et la crainte de rater leurs correspondances, la frustration des usagers était palpable. Cet incident technique exceptionnel pose désormais de sérieuses questions sur les protocoles de maintenance des équipements de secours de l’aéroport et sur la résilience de ses infrastructures face aux crises énergétiques.
