La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a ouvert, ce mardi 4 novembre à Abidjan, un séminaire de haut niveau consacré au financement du commerce en Afrique. Cette rencontre, qui réunit des experts financiers, des dirigeants d’entreprises, des banquiers et des régulateurs, vise à renforcer la capacité du continent à mobiliser des ressources pour le commerce international. Elle intervient dans un contexte marqué par un déficit de financement évalué à près de 100 milliards de dollars par an, freinant l’expansion de la part de l’Afrique dans les échanges mondiaux.
Selon Gwen Mwaba, directrice du financement du commerce et de la correspondance bancaire à Afreximbank, cette initiative constitue « une plateforme stratégique pour transformer les accords non bancables en échanges viables ». Cette approche s’inscrit dans la vision de l’institution panafricaine : impulser une refonte du commerce intra-africain et international par la création de mécanismes de financement plus inclusifs et adaptés aux réalités des marchés régionaux.
Représentant le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Brou, le directeur national, Choiliho Coulibaly, a souligné l’importance du commerce comme moteur de stabilité macroéconomique. Il a rappelé qu’une étude conjointe de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce estimait, dès 2002, que seulement 40 % des transactions commerciales africaines bénéficiaient d’un financement, contre 80 % à l’échelle mondiale — un taux tombé depuis à 25 % selon l’OMC. Il a insisté sur la nécessité de partenariats stratégiques pour favoriser la diversification des marchés, le transfert de technologies et la création d’emplois durables.
Pour sa part, Patrice Olivier Dahipo, représentant le ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie, a indiqué que le financement du commerce constitue désormais un levier essentiel de souveraineté économique. La Côte d’Ivoire, a-t-il rappelé, en a fait un axe majeur de sa politique de transformation structurelle à travers la facilitation de l’accès des entreprises aux instruments de financement et la diversification de ses partenaires commerciaux. Ces réformes soutiennent un taux de croissance supérieur à 7 %, une balance commerciale excédentaire et un leadership régional reconnu. Le directeur général adjoint de la Banque national d’investissement (BNI), Jérôme Ahua, a enfin salué cette dynamique, estimant qu’elle favorisera l’émergence de « champions bancaires africains » et la digitalisation des flux financiers sur le continent.
