Le 21 août 2025, à Yokohama, la Côte d’Ivoire et le Japon ont signé une déclaration conjointe sur le commerce et l’investissement, marquant une relance du partenariat établi en 1970. Cette mise à jour stratégique intervient dans un contexte où les deux pays cherchent à adapter leur coopération aux exigences contemporaines de la mondialisation et de l’industrialisation. La délégation ivoirienne, conduite par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, a mis en avant les potentialités nationales en matière d’accueil d’investissements, tandis que Tokyo a réaffirmé son intérêt pour la Côte d’Ivoire en tant que hub en Afrique de l’Ouest.
La déclaration engage les deux parties sur plusieurs volets : facilitation du commerce, envoi de missions économiques, développement des ressources humaines et amélioration de l’environnement des affaires. Pour le Japon, représenté par son ministre de l’Économie, Yoji Muto, l’accord consacre la Côte d’Ivoire comme un partenaire « fiable », caractérisé par une stabilité politique et une croissance soutenue. En retour, Abidjan a invité les entreprises japonaises à faire du pays une base opérationnelle régionale, capable d’irriguer l’ensemble du continent africain.
Au-delà de l’affichage diplomatique, la rencontre a mis en exergue les atouts structurels de l’économie ivoirienne : disponibilité énergétique, réseau routier et aérien dense, développement des télécommunications et main-d’œuvre qualifiée. Ces facteurs de production, combinés à une tradition d’ouverture (25 à 30 % de la population est étrangère), sont présentés comme des arguments clés pour l’optimisation des coûts et la sécurisation des investissements. Toutefois, les experts soulignent que l’augmentation durable de la présence japonaise – aujourd’hui limitée à 22 entreprises dans l’automobile, l’agriculture et les TIC – dépendra d’une politique d’industrialisation accélérée.
Cette dynamique s’inscrit également dans une vision plus large de la coopération Sud-Est–Afrique, qui repose sur l’énergie, l’infrastructure et la stabilité institutionnelle. La journée marathon du Premier ministre Mambé, ponctuée de rencontres avec la BERD, la JICA, la JETRO et des homologues africains et tunisiens, illustre cette volonté d’intégrer les partenariats économiques à un agenda global de développement. Reste à voir si cette « cure de jouvence » du partenariat ivoiro-japonais débouchera sur une intensification réelle des flux d’investissements, condition indispensable pour accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.
