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Nigeria : Engagement envers l’OPEP et plaidoyer pour une révision des quotas

par Issac le Blanc

Le Nigeria a réaffirmé son attachement aux règles de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), tout en exprimant le souhait d’une révision de son quota de production afin de refléter ses capacités actuelles et les réformes structurelles engagées. Lors du 4ᵉ Sommet des dirigeants du pétrole et de l’énergie tenu à Abuja, le mercredi 20 août, le ministre d’État en charge des Ressources pétrolières, Heineken Lokpobiri, a assuré que son pays n’avait aucune intention de dépasser les limites fixées par le cartel, malgré la hausse notable de sa production quotidienne.

Selon le ministre, la production de brut du Nigeria avoisine désormais 1,8 million de barils par jour, contre moins d’un million lors de sa prise de fonction. Cette progression, qualifiée de « résultat collectif », découle à la fois des réformes institutionnelles, de la coopération accrue entre acteurs de la filière et de la résilience des travailleurs. L’objectif du gouvernement est de franchir le seuil des deux millions de barils par jour, sans toutefois compromettre ses engagements vis-à-vis de l’OPEP. Lokpobiri a insisté sur le fait que le Nigeria cherche non pas à contourner les règles, mais à obtenir une allocation plus adaptée à son potentiel et à ses investissements.

Le ministre a également abordé les enjeux géopolitiques liés à la transition énergétique mondiale. Revenant sur sa récente mission à Vienne, siège de l’OPEP, il a souligné que l’organisation considère le pétrole comme la principale source d’énergie pour les cinq prochaines décennies. Il a en outre dénoncé la pression exercée par certaines puissances occidentales sur les producteurs africains, rappelant que des pays comme les États-Unis et la Chine augmentent fortement leur production pétrolière, alors que l’Europe consolide également ses capacités. Ce double discours, selon lui, accentue les déséquilibres dans le débat énergétique international.

Sur le plan interne, Lokpobiri a exhorté les raffineries locales, notamment l’usine de Dangote, à privilégier le traitement du brut nigérian, reconnu pour sa qualité. L’objectif est de réduire la dépendance aux importations de produits raffinés, renforcer la valeur ajoutée locale et stimuler l’emploi. Le ministre a également averti les titulaires de licences d’exploitation inactives, précisant que sur plus de 60 champs marginaux attribués, seuls six sont effectivement en production. Des mesures coercitives, allant jusqu’à la révocation des licences, pourraient être appliquées afin d’assurer une meilleure exploitation des ressources nationales.

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