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Côte d’Ivoire : révision à la hausse des tarifs des carburants face à la crise mondiale

par Kamagaté Issouf

La Côte d’Ivoire a procédé à une révision à la hausse des prix des produits pétroliers à la pompe à compter de mai 2026, mettant fin à une période de stabilité observée depuis octobre 2023. Cette décision découle directement de l’envolée des cours mondiaux, le baril étant passé de 70 dollars en février à plus de 120 dollars en avril, sous l’effet des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le litre de Super sans plomb s’établit désormais à 875 FCFA (+55 FCFA), celui du gasoil à 700 FCFA (+25 FCFA) et le pétrole lampant à 745 FCFA (+40 FCFA), tandis que les prix du gaz butane demeurent inchangés.

Pour contenir l’impact de ce choc pétrolier, l’État ivoirien a mobilisé un effort budgétaire dépassant les 100 milliards de FCFA sur la période mars-mai 2026. Ce dispositif de bouclier tarifaire a permis d’éviter des tarifs réels estimés à plus de 1 200 FCFA pour le Super et 900 FCFA pour le gasoil. En complément, le gouvernement a suspendu la perception des droits de douane sur le gasoil et continue de prendre en charge l’intégralité des frais de transport intérieur afin de garantir l’uniformité des prix sur l’ensemble du territoire national.

Cette conjoncture souligne que le prix à la pompe reste tributaire des marchés internationaux et de la loi de l’offre et de la demande, indépendamment du niveau de production locale. À titre de comparaison, des pays producteurs majeurs comme le Nigeria ou les États-Unis affichent des tarifs de gasoil supérieurs, atteignant respectivement 835 FCFA et 927 FCFA le litre. En Côte d’Ivoire, malgré les ajustements récents, les tarifs administrés demeurent inférieurs aux niveaux dictés par la stricte logique du marché mondial.

Le secteur pétrolier ivoirien, bien qu’en croissance avec des projections de 200 000 barils par jour à l’horizon 2030, affiche actuellement une production modeste de 65 000 barils par jour. Cette capacité actuelle ne génère pas de revenus suffisants pour absorber durablement des chocs exogènes de cette ampleur. L’évolution future des prix reste donc conditionnée par la situation sécuritaire au Moyen-Orient et la stabilisation consécutive des cours du baril et du fret maritime.

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