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Ghana : entre renforcement des réserves de change et vulnérabilité persistante du cedi

par Jocelyne Bosson

Le Ghana affiche une santé financière extérieure encourageante en ce mois de mai 2026. Les réserves internationales brutes ont atteint 14,4 milliards de dollars au 18 mai, offrant une couverture confortable de 5,7 mois d’importations, contre 13,8 milliards fin 2025. Cette dynamique est soutenue par une balance courante excédentaire, qui s’est élargie à 3,10 milliards de dollars au premier trimestre, portée par la robustesse des recettes d’exportation d’or et de cacao. Malgré ces indicateurs positifs, cette solidité retrouvée ne suffit pas à stabiliser la monnaie nationale, qui reste sous forte tension.

Sur le marché des changes, le cedi subit une pression baissière marquée, se dépréciant de 8,4 % sur le marché interbancaire depuis le début de l’année au 15 mai, avec des pertes atteignant même 10,11 % selon les analyses de Databank Research. Cette fragilité est alimentée par une demande accrue de dollars en provenance du secteur de l’énergie et par le rapatriement saisonnier des dividendes des entreprises multinationales. Le cours du marché de détail s’est ainsi affaibli, s’établissant aux alentours de 12,20 GH par dollar, illustrant le décalage entre l’accumulation de réserves et la réalité du marché des changes.

Face à cette volatilité, la Banque du Ghana maintient une stratégie axée sur la reconstruction de ses réserves plutôt que sur une intervention massive. Le gouverneur, Dr. Johnson Pandit Asiama, a réaffirmé que l’institution privilégie des enchères de devises régulières et pré-annoncées aux banques autorisées. Cette approche, alignée sur les recommandations du FMI pour instaurer un cadre d’intervention formel et basé sur des règles, vise à éviter les interventions extraordinaires qui avaient suscité des inquiétudes par le passé, tout en assurant une présence fluide et transparente sur le marché.

In fine, la Banque centrale semble déterminée à sanctuariser ses acquis macroéconomiques après des années d’instabilité. En limitant ses interventions directes, elle privilégie la préservation de son stock de devises face à une conjoncture internationale complexe, marquée par la hausse des prix du pétrole. Cette posture reflète un arbitrage difficile : soutenir la valeur du cedi tout en protégeant la solidité du bilan extérieur du pays. La stabilité future de la monnaie dépendra désormais de la capacité du Ghana à maintenir sa discipline budgétaire tout en absorbant les chocs de demande ponctuelle en devises.

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