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Le Ghana à l’assaut du marché du Moyen-Orient avec son cacao 

par Jocelyne Bosson

La Cocoa Marketing Company (CMC) du Ghana vient de sceller un accord stratégique d’envergure avec des géants de la confiserie et des boissons au Moyen-Orient. Ce partenariat pluriannuel marque une rupture historique avec la dépendance traditionnelle aux marchés européens, en ouvrant les portes des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite aux produits semi-finis ghanéens. Sous l’impulsion du directeur général, le Dr Wisdom Dogbey, le Ghana sécurise ainsi des débouchés fermes pour son beurre, sa liqueur, sa poudre et son tourteau de cacao, positionnant le pays comme un acteur incontournable de la transformation à haute valeur ajoutée.

Cette expansion internationale s’inscrit au cœur de l’ambitieuse Vision 2030 de l’Arabie saoudite et renforce les échanges avec le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC). L’objectif est clair : connecter directement l’excellence agricole ghanéenne aux besoins des transformateurs du Golfe et d’Asie. Pour le Dr Dogbey, ces accords ne sont pas de simples contrats commerciaux, mais le pilier d’une stratégie durable : « Cette initiative, menée du Ghana vers le monde entier, témoigne de la volonté de CMC de bâtir des marchés pour l’avenir du cacao. »

Ce déploiement commercial soutient une réforme structurelle majeure : dès la campagne 2026/27, le Ghana transformera localement 50 % de sa production totale. Historiquement cantonné à l’exportation de matières premières brutes, le pays change de paradigme pour capter une part substantielle des profits de l’industrie mondiale du chocolat. Cette politique audacieuse vise à stimuler l’emploi national, à dynamiser les installations de transformation existantes et à garantir une stabilité économique accrue pour l’ensemble de la filière.

L’adhésion des acteurs locaux à cette vision est totale, illustrant une prise de conscience collective sur l’impératif de la transformation. Comme le soulignent les professionnels du secteur, l’enjeu est de passer de l’extraction à la création de valeur : « Vendre du blé brut ne rapporte que quelques centimes. Mais le transformer en farine, puis en pain, permet de le vendre bien plus cher. » En misant sur cette montée en gamme, le Ghana ne se contente plus de produire du cacao ; il forge désormais son indépendance économique en faisant valoir son expertise technique sur la scène mondiale.

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