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Le Ghana boycotte le Sommet africain de l’énergie à Londres

par Jocelyne Bosson

 

Les autorités énergétiques du Ghana, soutenues par l’Energy Chamber Ghana, ont officiellement décidé de boycotter le prochain Sommet sur les énergies en Afrique prévu à Londres en mai 2026. Cette mesure fait suite à des dénonciations de pratiques discriminatoires en matière de recrutement et d’une marginalisation persistante des experts africains par l’organisateur, Frontier Energy Network. Ce retrait s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large au sein du secteur pétrolier et gazier continental, le Mozambique ainsi que plusieurs ministres de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO) ayant déjà annulé leur participation en mars dernier pour des motifs similaires de défaut de représentativité.

Sur le plan stratégique, cette décision intervient alors que le Ghana intensifie ses efforts pour stabiliser et accroître sa souveraineté énergétique à travers des investissements massifs. Environ 3,5 milliards $ ont été engagés dans des programmes de forage d’intercalation et de gestion des réservoirs pour sécuriser la production nationale. Le pays a également acté la prolongation des licences des champs Jubilee et TEN jusqu’en 2040, tout en accélérant le développement d’une seconde usine de traitement de gaz et d’une centrale thermique de 1,2 GW. Ces projets visent à consolider la croissance industrielle à long terme en s’appuyant sur l’expertise locale et des partenariats internationaux équitables.

L’Energy Chamber Ghana, par la voix de son président exécutif Joshua B. Narh, a appelé l’ensemble de l’écosystème énergétique national — incluant régulateurs, ingénieurs et investisseurs — à suspendre toute collaboration avec les plateformes excluant les professionnels africains. Le pays récuse sa position de simple marché de consommation et revendique un rôle d’acteur central dans la définition des politiques de transition et d’exploitation des ressources. La Chambre souligne que les investissements réalisés dans la formation de cadres de haut niveau, économistes et innovateurs, justifient une participation active et non facultative aux débats internationaux portant sur l’avenir énergétique du continent.

Malgré une dynamique de marché positive et l’ouverture de nouvelles frontières d’exploration dans le bassin de la Volta, les acteurs ghanéens privilégient désormais le respect des principes de transparence et d’inclusion mesurable. La promotion du contenu local et le renforcement des capacités indigènes sont présentés comme des conditions non négociables pour la survie des partenariats internationaux. Pour les autorités ghanéennes, le maintien de ce boycott est jugé nécessaire tant que des mesures correctives ne seront pas appliquées pour garantir que les institutions africaines soient traitées comme des partenaires égaux dans la gestion de leurs propres ressources naturelles.

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