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Le « Pari Pahlavi » : Entre l’ombre des missiles et le grondement du Bazar

par Kamagaté Issouf

Alors que les tensions entre Téhéran et Tel-Aviv atteignent des sommets historiques et que l’économie iranienne s’enfonce dans les abysses, Reza Pahlavi tente de s’imposer comme l’unique recours. Mais entre son héritage dynastique et les accusations d’ingérence étrangère, le chemin vers une « transition démocratique » ressemble à une marche sur une corde raide.

Depuis 50 ans, il attend. Reza Pahlavi, fils du dernier Chah d’Iran, ne s’est jamais résolu à l’anonymat de l’exil. En 2013, il fondait le Conseil National Iranien (CNI), se drapant dans les habits d’un leader démocrate et laïque. Pourtant, le paradoxe est saisissant : celui qui aspire à instaurer une république s’appuie sur un lignage monarchique que la révolution de 1979 avait précisément voulu effacer.

À chaque regain de tension, Pahlavi « sort la tête ». Ses récents messages sur les réseaux sociaux, coïncidant avec les frappes de Tsahal contre les sites stratégiques de Fordow et Natanz, trahissent une stratégie claire : se positionner comme l’alternative civile capable de stopper l’escalade militaire et de restaurer la place de l’Iran dans le concert des nations.

La récente « guerre des 12 jours » a marqué un tournant. L’attaque sans précédent contre les centres de recherche nucléaire et la résidence du Guide Suprême a ébranlé les fondations du pouvoir sécuritaire. Pour la première fois, l’idée d’un effondrement du régime par l’extérieur n’était plus une simple rhétorique.

Dans les coulisses de Washington et Tel-Aviv, le nom de Pahlavi circule comme une option de stabilisation. Mais cette proximité est son talon d’Achille. En s’affichant, même indirectement, comme le bénéficiaire d’une agression militaire étrangère qui a coûté la vie à des civils et des scientifiques, le « Prince » prend le risque d’être perçu par la population locale non pas comme un libérateur, mais comme un instrument de l’Occident.

La chute du Rial, augmente la contestation

Fin décembre, la colère a changé de nature. Le Rial  se déprécie, et les « Bazaris » — ces commerçants traditionnels dont le ralliement avait fait basculer la révolution de 1979 — ferment boutique en signe de protestation. Cette situation semble être aussi la conséquence de plus de 40 ans d’embargo  infligé à ces perses. Pour avoir tourné dos à l’occident en  imposant un régime islamique? ou pour avoir rompu les liens de coopération avec les entreprises occidentales?

Les émeutes qui ont suivi, marquées par des attaques contre des bâtiments publics et des mosquées, témoignent d’une rupture profonde du contrat social. Le régime a dû recourir à des mesures de guerre électronique, coupant l’accès au réseau Starlink pour isoler les manifestants de ce qu’il nomme les « agents du Mossad et de la CIA ». Cette dernière action a eu un impact réel sur les émeutes, la pression extérieure semble être retombée, forçant Reza Pahlavi à rentrer une nouvelle fois « dans sa coquille ».

 

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