Le déclenchement des hostilités par la coalition américano-israélienne le 28 février a provoqué une onde de choc immédiate sur les marchés énergétiques mondiaux. Suite aux frappes massives contre les infrastructures du CGRI et l’élimination de hauts dirigeants iraniens, Téhéran a activé sa menace la plus redoutable : la paralysie du Détroit d’Ormuz. Ce verrou maritime, par lequel transite environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, est désormais une zone de combat. En conséquence, les cours du brut ont bondi de plus de 13 % dès l’ouverture des marchés le 2 mars, le baril de Brent franchissant brutalement le seuil des 90 dollars dans un climat de panique généralisée.
La riposte iranienne, marquée par des salves de missiles contre les bases américaines au Bahreïn, au Koweït et au Qatar, a transformé le Golfe en une zone d’exclusion de fait pour le commerce maritime. L’attaque signalée contre le porte-avions USS Abraham Lincoln et l’insécurité totale régnant dans les eaux territoriales ont poussé les assureurs et les grandes compagnies pétrolières à suspendre tout transit. Selon les analystes financiers, le flux quotidien est passé de 16 millions à moins de 4 millions de barils, créant un déficit d’offre que les stocks stratégiques occidentaux ne pourront compenser que temporairement si le blocage se prolonge.
Sur le plan géopolitique, cette escalade souligne ce que beaucoup qualifient d’erreur de calcul de l’administration Trump. En engageant les hostilités sans un aval unanime du Congrès et sous la pression du Premier ministre Netanyahou, Washington se retrouve embourbé dans un conflit symétrique aux conséquences économiques dévastatrices. Alors que l’argument initial portait sur la menace nucléaire iranienne, la réalité du terrain montre une armée américaine exposée, avec des pertes humaines estimées, selon le Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI) à plus de 500 Marines, et une économie mondiale prise en otage par l’envolée des coûts du fret et de l’énergie.
L’avenir immédiat dépend désormais de la capacité de la coalition à sécuriser le détroit ou à obtenir une désescalade rapide, une perspective qui semble s’éloigner alors que les combats s’intensifient au sol avec l’implication de groupes kurdes à l’ouest de l’Iran. Si le blocage d’Ormuz persiste au-delà de la semaine, les experts prédisent un baril à 120 dollars, menaçant de plonger les économies importatrices, de l’Europe à l’Asie, dans une récession profonde. Ce scénario de crise totale remet en question la stratégie d’intervention directe dans une région où chaque étincelle militaire se transforme inévitablement en incendie économique mondial.
