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Liste grise du GAFI : le compte à rebours est lancé pour la Côte d’Ivoire

par Paul De Kouamé

La Côte d’Ivoire se positionne  dans la consolidation de son système financier. Lors de la 45e réunion plénière du GIABA, tenue le 21 mai 2026 à Abidjan, les autorités ont présenté un bilan convaincant des réformes engagées pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, s’exprimant au nom du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a affiché son optimisme quant à une sortie prochaine de la liste grise du GAFI, où le pays est inscrit depuis octobre 2024.

Cette dynamique positive repose sur une amélioration significative de la conformité technique, illustrée par les indicateurs de la Cellule de traitement de l’information financière (CENTIF). Selon son président, le colonel Idrissa Touré, le pays compte désormais 39 recommandations largement conformes sur les 40 édictées par le GAFI, contre seulement 18 en 2024. Ces avancées ont été rendues possibles grâce à la mise en place de comités de coordination interinstitutionnelle, une mobilisation accrue des acteurs publics et privés, et le renforcement des capacités techniques de la CENTIF avec l’appui du GIABA.

Le calendrier pour acter ces progrès est désormais bien défini. Edwin Harris Jr, Directeur général du GIABA, a confirmé que la Côte d’Ivoire est en bonne voie pour quitter la liste grise d’ici octobre 2026. La feuille de route prévoit l’envoi d’une mission d’évaluation après la plénière de juin prochain à Paris afin de vérifier la réalité des avancées sur le terrain, ce qui devrait permettre à la plénière d’octobre 2026 d’entériner définitivement cette sortie.

Toutefois, la vigilance reste de mise face aux défis émergents tels que les crypto-actifs, les identités synthétiques et les enjeux liés à l’intelligence artificielle. Le président de la 45e session, Garry Debor, a insisté sur le fait que l’efficacité réelle des dispositifs, au-delà de la simple conformité législative, sera le critère déterminant pour la troisième ronde des évaluations mutuelles. Un avis partagé par Mme Fanta Cissé, représentante de la CEDEAO, qui a exhorté les États membres à poursuivre leurs efforts pour corriger les lacunes stratégiques afin d’assurer la pérennité de l’intégration économique régionale.

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