Le gouvernement fédéral du Nigeria a consacré 223,95 millions de dollars en subventions à l’électricité au premier trimestre 2026 afin de maintenir les tarifs au niveau de juillet 2024. Selon le rapport de la Commission nigériane de réglementation de l’électricité (NERC), ce montant, bien qu’en recul de 14,44 % par rapport au trimestre précédent, représente encore 52 % des coûts de production totaux. Cette réduction ne résulte pas d’une transition vers une tarification reflétant les coûts réels, mais plutôt d’une diminution du volume d’énergie acheté par les sociétés de distribution (DisCos).
Le mécanisme financier, géré par la Nigerian Bulk Electricity Trading Plc (NBET), met en lumière une dépendance budgétaire marquée. Sur une facture de production globale s’élevant à 431,08 millions de dollars, les distributeurs n’ont réglé que 207,13 millions de dollars, laissant l’État prendre en charge le solde de 223,95 millions de dollars. La NERC avertit que ce système rend les finances publiques vulnérables, exposant le gouvernement à des obligations imprévisibles, accentuées par la volatilité des coûts de production, notamment pour l’énergie thermique.
En dépit de ces aides massives, l’efficacité opérationnelle du secteur s’est détériorée. La capacité de production disponible moyenne a chuté de 17,45 % pour atteindre 4 457,96 MW, tandis que la production totale d’électricité a reculé de 9,64 %, s’établissant à 8 883,47 GWh. Cet indicateur souligne le paradoxe d’un secteur fortement soutenu financièrement par l’État, mais dont les indicateurs de performance physique affichent une tendance à la baisse constante.
La fragilité du réseau national a été illustrée par deux incidents majeurs survenus en janvier 2026, incluant un effondrement total du réseau le 23 janvier, suivi d’un effondrement partiel le 27 janvier. Attribuées à des défaillances techniques au niveau de la station de transmission de Sapele et à un déficit de puissance réactive, ces perturbations ont provoqué des coupures généralisées à travers le pays, confirmant que les subventions tarifaires ne suffisent pas à masquer les défis opérationnels structurels du secteur énergétique nigérian.
