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Penplusbytes  présente le rapport d’indice sur la désinformation en Afrique de l’ouest

par Kamagaté Issouf

Le cabinet Penplusbytes, organisation à but non lucratif œuvrant pour la bonne gouvernance, la responsabilité des nouveaux médias, le climat et le bien-être, a présenté le vendredi 10 octobre à Abidjan-Plateau le rapport d’indice sur la désinformation en Afrique de l’Ouest. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts de veille et d’évaluation de la qualité de l’information dans les espaces publics ouest-africains, à un moment où les contenus trompeurs et manipulés gagnent du terrain dans la sphère numérique.

L’étude, menée simultanément dans quatre pays — la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso et le Ghana — repose sur une méthodologie rigoureuse. Chaque pays a fait l’objet d’une enquête nationale auprès de 500 répondants adultes âgés de 18 ans et plus, soit un échantillon global de 2 000 participants. Les données ont été collectées via des entretiens en face à face réalisés à l’aide de tablettes et de smartphones équipés de l’application Kobo Toolbox, dans le cadre d’un échantillon aléatoire stratifié à plusieurs étapes. Cette approche scientifique visait à produire un indice composite de désinformation afin de mesurer son impact sur la confiance publique, l’intégrité électorale et la stabilité des institutions démocratiques.

Les résultats du rapport placent l’ensemble des pays étudiés dans la catégorie de risque modéré, bien que la gravité et la nature du phénomène varient selon le contexte politique, la liberté des médias et le niveau de pénétration numérique. Le Ghana affiche un indice de 57,0 %, suivi de la Côte d’Ivoire (53,9 %), du Mali (50,3 %) et du Burkina Faso (48,0 %). En Côte d’Ivoire, l’étude note une intensification des menaces de désinformation à l’approche des élections de 2025, malgré des initiatives notables telles que la campagne « Stop aux sorciers numériques ». Cette dernière vise à contrer les deepfakes, faux graphiques et vidéos manipulées circulant massivement sur les réseaux sociaux.

Enfin, le rapport met en évidence une désinformation de haute gravité dans les régimes militaires du Mali et du Burkina Faso. Selon Penplusbytes, ces pays sont confrontés à une désinformation parrainée par l’État, systémique et continue, dépassant les seules périodes électorales. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la manipulation informationnelle institutionnalisée, menaçant à long terme la transparence démocratique et la liberté d’expression dans la région.

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