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Madagascar : la présidence dénonce une tentative de prise de pouvoir par la force

par Paul De Kouamé

La présidence de la République de Madagascar a dénoncé, dans un communiqué publié dimanche, une « tentative de prise de pouvoir par la force », en réaction aux manifestations antigouvernementales qui secouent Antananarivo depuis plusieurs jours. Ces mouvements, qui réclament le départ du président Andry Rajoelina et des réformes institutionnelles, ont donné lieu à des affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité, ainsi qu’à des mouvements internes au sein de l’armée. La présidence malgache et l’Union africaine (UA) ont conjointement appelé au calme et au dialogue, soulignant la nécessité de préserver la stabilité nationale.

Selon la présidence, ces évènements constituent une action illégale visant à déstabiliser le pays et sont contraires à la Constitution et aux principes démocratiques. Ce communiqué relayé par APA, le chef de l’État a invité les forces vives à défendre l’ordre constitutionnel, tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes et sa compassion aux personnes touchées par les violences. Il a insisté sur le fait que le dialogue restait la seule voie pour résoudre la crise, tout en exhortant la population à préserver l’unité nationale.

La présidence a par ailleurs tenu à démentir les rumeurs selon lesquelles le président Andry Rajoelina aurait quitté le territoire. Elle a précisé que le chef de l’État poursuit ses activités à Madagascar, en collaboration avec le Premier ministre Ruphin Zafisambo. Ce dernier a lancé un appel à la retenue à la population et aux forces de sécurité, les exhortant à éviter toute violence et à protéger les biens publics. De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation, rappelant les principes de la Déclaration de Lomé de 2000 et de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Sur le terrain, la situation demeure tendue. Les manifestations populaires ont vu l’intervention du Capsat (Corps d’Administration et des Services Techniques des Armées). Son chef, le colonel Mikaël Randrianirina, a déclaré que son unité ne menait pas un coup d’État, mais répondait aux sollicitations de la population. Le général Lylison René a confirmé le décès d’un membre du Capsat lors d’échanges avec la gendarmerie et a appelé à cesser les tirs et à protéger les biens et commerces. Le général Jocelyn Rakotoson, chef d’état-major de l’armée de terre, a également appelé au dialogue pour éviter toute escalade. Selon les Nations Unies, au moins 22 personnes ont perdu la vie depuis le début des manifestations, un bilan contesté par les autorités, alors que des milliers de manifestants ont réussi à accéder à la place du 13 Mai sous escorte militaire.

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