L’ouverture de la « Semaine HSE 2026 » par le groupe Eni, qui se tient du 30 juin au 3 juillet au Radisson Blu de Port-Bouët, a servi de tribune au ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, pour dresser un état des lieux alarmant. À travers le thème « Une seule terre, une seule vie », cet événement met en lumière une réalité indéniable : le développement durable n’est plus une option, mais une nécessité vitale. Le ministre a profité de cette rencontre pour souligner le rôle essentiel des standards d’Hygiène, de sécurité et d’environnement (HSE) dans la pérennité des activités économiques.
Les chiffres avancés par le ministère illustrent une pression environnementale critique. Avec 11 millions de tonnes de déchets plastiques déversées chaque année dans les océans à l’échelle mondiale, et plus de 460 000 tonnes générées annuellement en Côte d’Ivoire, la gestion des résidus est devenue un enjeu majeur. La situation est d’autant plus préoccupante que le taux de recyclage national reste faible, oscillant entre 3 % et 20 %. Cette défaillance logistique fragilise directement des secteurs vitaux tels que la pêche et le tourisme, piliers de l’économie bleue ivoirienne.
Abidjan, en tant que poumon économique, est en première ligne de ce défi urbain. Avec environ 280 tonnes de déchets plastiques produites quotidiennement dans la capitale, les infrastructures actuelles de collecte et de traitement atteignent leurs limites. L’accumulation de ces déchets menace non seulement les écosystèmes côtiers et lagunaires, mais accentue également les risques sanitaires pour les populations. La gestion de cette pollution plastique est donc un préalable indispensable à toute ambition de modernisation urbaine durable.
Au-delà de la pollution physique, l’analyse du ministre porte une vision macroéconomique sombre. Rappelant la statistique mondiale de près de 3 millions de décès annuels liés aux accidents ou maladies professionnelles, Abou Bamba a étendu cette réflexion aux risques climatiques. L’inaction face à la dégradation de l’environnement n’est pas seulement un problème écologique ; elle est une menace directe pour la richesse nationale. Les projections indiquent en effet qu’une absence de mesures concrètes pourrait entraîner une chute du PIB ivoirien pouvant atteindre 13 % d’ici 2050.
Pour contrer cette tendance, le gouvernement, sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, a érigé la protection de l’environnement en priorité nationale. La stratégie ivoirienne repose sur des réformes législatives et structurelles ambitieuses, telles que l’interdiction des sachets plastiques et la promotion active de l’économie circulaire. Ces mesures visent à renforcer la résilience climatique de la nation, tout en protégeant le capital productif du pays contre les chocs environnementaux à long terme.
Cependant, le succès de cette transition repose largement sur l’engagement du secteur privé. Le ministre a insisté sur le fait que l’État ne peut agir seul ; la transformation des pratiques industrielles et l’adoption de standards HSE rigoureux, comme ceux promus par le groupe Eni lors de cette semaine thématique, sont indispensables. En harmonisant les exigences économiques avec les impératifs écologiques, la Côte d’Ivoire se donne les moyens de transformer ses contraintes environnementales en opportunités de développement durable.
