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COP17: Rediriger les flux financiers pour stopper la crise de la biodiversité

par Kamagaté Issouf

La capitale arménienne a abrité, ce mardi 20 octobre, l’ouverture officielle de la COP17 sur la biodiversité à travers une conférence de presse animé par Hambardzum Matevosyan et Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique.  Cette conférence de mi-parcours marque un tournant majeur pour évaluer les progrès collectifs et accélérer la mise en œuvre du cadre mondial Kunming-Montréal en vue des objectifs fixés à l’horizon 2030.

Le diagnostic économique dressé lors du sommet met en lumière un déséquilibre structurel saisissant : en 2023, le monde a englouti environ 7 300 milliards de dollars par an dans des activités nuisibles à l’environnement. Ce modèle de financement génère un ratio aberrant où, pour chaque dollar investi dans la protection des écosystèmes, 30 dollars sont simultanément consacrés à leur destruction par le biais de subventions publiques et de flux privés.

Pour redresser la barre, la communauté internationale s’est engagée sur un objectif précis : réduire ces subventions néfastes de 500 milliards de dollars par an d’ici 2030. Les discussions à Erevan exigent ainsi un réalignement complet de l’architecture financière et économique mondiale, incitant le secteur privé à intégrer la valeur de la nature au cœur même de ses décisions d’investissement et de sa rentabilité à long terme.

Malgré des retards notables dans la mobilisation financière hors des ministères de l’Environnement, la dynamique mondiale progresse avec près de 90 % des parties ayant déjà traduit les engagements internationaux en cibles nationales. Des instruments innovants tels que le Fonds pour la biodiversité de Kunming, soutenu par la Chine et des contributions du secteur privé, illustrent la volonté de doter les pays en développement des capacités financières nécessaires.

Alors que plus de 50 points sont à l’ordre du jour de cette session cruciale, la réussite de la COP17 ne se limitera pas aux seuls textes négociés. Elle dépendra de la capacité des gouvernements et des coalitions économiques à transformer les promesses politiques en actions tangibles et en financements mesurables pour préserver le capital naturel mondial.

 

 

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