À l’approche de la présidentielle de 2025, la scène politique ivoirienne est marquée par la diversité des discours et des projets de société. Jean-Louis Billon, figure du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), reconnaît les avancées en matière d’infrastructures mais estime que la situation sociale reste préoccupante. Selon lui, la hausse des prix et la stagnation des revenus traduisent un décalage entre croissance économique et bien-être des populations. Il appelle à un modèle centré sur la réconciliation, la prospérité et la souveraineté, où l’économie sert d’abord les citoyens.
Dans le même registre, Ahoua Don Mello défend une vision axée sur la souveraineté nationale et la maîtrise des ressources du pays. Son projet s’articule autour de trois axes : la souveraineté militaire, impliquant une révision des accords de défense ; la souveraineté économique, passant par la réévaluation des concessions dans les secteurs stratégiques ; et la souveraineté monétaire, en lien avec une réforme du cadre financier. Ancien vice-président du PPA-CI, il poursuit désormais son parcours politique en indépendant, après sa révocation consécutive à l’annonce de sa candidature.
Pour sa part, le président Alassane Ouattara plaide pour la continuité et la consolidation des acquis économiques. Il met l’accent sur la diversification de l’économie et la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes, dans une perspective de croissance inclusive et durable. Le chef de l’État insiste sur la nécessité d’une économie souveraine, compétitive et équitable, fondée sur un partenariat étroit avec le secteur privé afin de bâtir une nation stable et solidaire.
Le débat politique s’élargit également à des dimensions sociales et citoyennes. Simone Ehivet Gbagbo, candidate du Mouvement des générations capables (MGC), a invité les Ivoiriens à s’engager activement dans la transformation de leur pays. Elle appelle à un sursaut collectif pour bâtir une nation pacifique et prospère, tout en soulignant, à l’exemple des pays asiatiques, l’importance d’un changement de mentalité et d’un effort collectif pour combler le retard de développement. Dans le même esprit, Henriette Lagou, ancienne ministre de la Femme et de la Famille, milite pour une parité totale dans la représentation politique. Elle juge le quota actuel de 30 % insuffisant et propose une répartition équilibrée de 50 % entre hommes et femmes dans les instances décisionnelles.
Sur le plan politique, la mobilisation reste forte. Le front commun formé par le PDCI-RDA et le PPA-CI a, lui, annoncé une marche pour le 11 octobre afin de réclamer une élection inclusive, intégrant les principales figures de l’opposition, dont Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro. Le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, a confirmé l’interdiction de cette marche au nom du respect de l’article 138 de la Constitution, précisant que 237 personnes avaient été interpellées lors d’incidents isolés à Abidjan. Il a salué la conduite professionnelle des forces de sécurité et réaffirmé l’importance du respect de la légalité républicaine dans la préservation d’un climat politique apaisé.
