L’Autorité du fleuve Volta (VRA) a annoncé une perte nette de 106 millions de GH₵ pour l’exercice 2024, marquant un renversement significatif après un bénéfice de 80 millions de GH₵ en 2023. Ce recul, inédit depuis plusieurs années, résulte principalement de fortes pertes de change et du détournement d’électricité destinée à l’exportation vers le marché intérieur, dans un contexte de pressions croissantes sur la demande énergétique nationale. Selon son président du conseil d’administration, Jabesh Amissah-Arthur, l’année 2024 a été « particulièrement difficile » sur le plan financier, la volatilité du cedi ayant entraîné des pertes de devises de 695 millions de GH₵, contre 591 millions un an plus tôt.
Face à l’incapacité de certains producteurs indépendants à satisfaire la demande locale, la Commission de régulation des services publics (PURC) a ordonné la redirection de l’électricité exportable vers le réseau national, mais à des tarifs intérieurs inférieurs à ceux du marché régional. Cette mesure, bien qu’indispensable pour la stabilité énergétique du pays, a provoqué une hausse de 38 % des charges financières de la VRA. Malgré une augmentation de 17 % des recettes totales, atteignant 9 291 millions de GH₵, la combinaison de coûts plus élevés et de tarifs intérieurs limités a fortement pesé sur la rentabilité. M. Amissah-Arthur a ainsi plaidé pour un nouveau mécanisme tarifaire afin de protéger l’autorité contre de futurs déséquilibres financiers.
Le directeur général, Ekow Obeng-Kenzo, a souligné que la production électrique de 2024 a été dominée par la production thermique, représentant 89 % de la capacité, contre 79 % l’année précédente. Cette dépendance accrue à l’énergie thermique découle d’une faible amélioration du niveau des réservoirs hydrauliques (+6,2 %), limitant la disponibilité d’énergie hydroélectrique. Il a également évoqué les retards dans plusieurs projets clés, dont le projet solaire de Pwalugu (16,5 MW), la centrale solaire flottante d’Akuse (30 MWc) et le projet thermique Anwomaso Phase Two, freinés par des contraintes financières, des pertes de change et des changements réglementaires.
Le professeur Michael Kpessa-Whyte, directeur général de la SIGA, a salué les efforts de la VRA en matière de responsabilité sociale, tout en appelant à une gouvernance plus rigoureuse pour rétablir la rentabilité. Il a indiqué que de nouvelles directives sur les dividendes des entreprises publiques sont en cours d’élaboration afin d’assurer une contribution accrue au développement national. Représentant le ministre de l’Énergie, le vice-ministre Richard Gyan-Mensah a, quant à lui, félicité la VRA pour avoir augmenté sa capacité de production de 23 % et pour ses progrès en matière d’énergie verte. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à garantir une répartition équitable des flux de trésorerie et à remettre en service les centrales inactives, condition essentielle pour assurer la stabilité et la durabilité du secteur énergétique ghanéen.
