La signature de l’accord d’accueil de la Foire commerciale intra-africaine 2027 (IATF2027) a eu lieu le lundi 9 mars à Lagos (Nigeria). Cette cérémonie qui s’est déroulée en présentiel et en ligne, marque le retour symbolique de l’intégration économique à Lagos, au Nigéria. Prévue du 5 au 11 novembre 2027, cette cinquième édition s’inscrit dans une lignée de succès croissants, visant à transformer le paysage commercial du continent. En choisissant le Nigéria, berceau historique du Plan d’action de Lagos de 1980, les organisateurs soulignent une volonté de passer de la dépendance aux matières premières vers une industrialisation concrète et une autosuffisance accrue, en parfaite résonance avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
L’IATF s’est imposée comme un moteur financier de premier plan, générant plus de 167 milliards de dollars d’échanges et d’investissements au cours de ses quatre premières éditions. Pour l’édition de 2027, Georges Olimbi, président d’Afreximbank, affiche des ambitions claires : dépasser la barre des 50 milliards de dollars de transactions. Ce saut quantitatif vise à briser le plafond historique du commerce intra-africain, qui stagne entre 15 et 18 %, en convertissant les opportunités théoriques en accords commerciaux fermes et générateurs de richesse pour les populations locales.
Au-delà des chiffres, l’événement de Lagos se veut un catalyseur pour la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Dr. Jumoke Oduwole, ministre nigériane du Commerce, souligne que face à l’instabilité du système commercial international, l’IATF2027 servira de plateforme pour un commerce mutuellement avantageux et fondé sur des règles. L’objectif est de bâtir un marché unique panafricain dynamique où les barrières s’effacent au profit de chaînes de valeur
régionales robustes, capables de répondre aux besoins fondamentaux du continent à partir de ses propres ressources.
L’aspect technique de cette foire repose sur la création d’une valeur ajoutée durable. Comme l’a rappelé le Conseil consultatif de l’IATF, l’enjeu ne réside pas seulement dans l’éclat de l’événement, mais dans sa capacité à stimuler l’investissement intra-africain et à créer des emplois massifs. En se concentrant sur la transformation locale des ressources naturelles, l’Afrique cherche à corriger les déséquilibres de ses relations commerciales internationales et à favoriser une croissance inclusive qui profite directement aux entrepreneurs et aux PME du continent.
Enfin, l’engagement des leaders africains, porté par des figures comme Olusegun Obasanjo, garantit que l’IATF2027 surpassera ses prédécesseurs en termes d’impact systémique. La réussite de l’édition précédente en Algérie, avec ses 48,3 milliards de dollars de transactions, place la barre haut pour le Nigéria. Toutefois, la synergie entre Afreximbank, l’Union africaine et le pays hôte laisse présager une édition historique qui ne se contentera pas de célébrer l’intégration, mais qui ancrera définitivement l’Afrique comme un bloc économique souverain et compétitif sur l’échiquier mondial.
