La Banque centrale du Ghana (BOG) veut aussi verdir le système financier national. En s’appuyant sur une décennie d’efforts structurels, initiés par la création du Comité de pilotage des Principes pour une banque durable en 2015, l’institution régulatrice consolide aujourd’hui une vision à long terme. Cette dynamique, marquée par l’adoption volontaire des principes de durabilité par l’ensemble des 23 banques commerciales du pays, place désormais la gestion des risques climatiques et la gouvernance environnementale au cœur des opérations bancaires.
Le bilan de ces réformes atteste d’une montée en puissance significative. Soutenu par la Société financière internationale (SFI) et le SECO suisse, le cadre d’évaluation de la conformité mis en place en 2021 a permis au secteur d’atteindre un taux de conformité moyen de 73 % en septembre 2025. Complétée par des directives sur les risques financiers liés au climat et une stratégie de développement durable s’étalant jusqu’en 2028, cette architecture réglementaire offre désormais un environnement robuste et transparent, propice à la mobilisation de financements verts et mixtes.
L’objectif de cette feuille de route est double : soutenir activement la transition énergétique nationale tout en attirant des capitaux privés et institutionnels massifs. Comme l’a souligné le gouverneur de la banque centrale, la résilience du système financier ghanéen dépasse aujourd’hui la simple absorption des chocs ; elle s’inscrit dans une volonté de transformer le pays en une destination privilégiée pour la finance durable en Afrique. Cette ambition vise à approfondir les marchés financiers intérieurs et à structurer un écosystème capable de financer des projets climatiques complexes.
Cette convergence entre régulation financière et impératifs climatiques reçoit un soutien ministériel fort. Seidu Issifu, ministre d’État chargé du climat, a affirmé que l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les secteurs du crédit, de l’assurance et des fonds de pension est un levier de croissance majeur. En alignant le secteur financier sur les priorités climatiques nationales, le Ghana se positionne stratégiquement pour attirer des investissements étrangers dans les industries émergentes, renforçant ainsi la pérennité économique du pays face aux défis environnementaux mondiaux.
