Le Kenya franchit une étape majeure vers l’intégration financière régionale grâce à un partenariat stratégique entre Pesalink, le réseau de paiement instantané dominant du pays, et le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). Cette alliance permet désormais des transactions transfrontalières fluides, en monnaies locales, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En intégrant Pesalink comme fournisseur de connectivité technique, ce dispositif relie plus de 80 institutions financières kenyanes — banques, fintechs et opérateurs télécoms — à un écosystème continental regroupant plus de 160 acteurs, simplifiant drastiquement les flux financiers sans dépendre des devises étrangères.
Cette avancée répond à une problématique critique pour les économies africaines. Jusqu’à présent, les transferts transfrontaliers restaient pénalisés par une grande lenteur, avec des délais de règlement pouvant atteindre sept jours ouvrables, et des coûts prohibitifs. Selon les données de la Banque mondiale, les frais d’envoi d’argent sur le continent s’élèvent en moyenne à 7-8 %, soit un niveau supérieur à la moyenne mondiale. Le partenariat entre Pesalink et le PAPSS — une initiative portée par Afreximbank, l’Union africaine et le secrétariat de la ZLECAf — vient directement briser ces barrières structurelles.
L’impact concret de cette collaboration se mesure à travers une efficacité accrue pour les particuliers, les PME et les grandes entreprises, qui bénéficient désormais de règlements quasi instantanés. Mike Ogbalu III, Directeur général du PAPSS, souligne que la coopération avec des commutateurs nationaux comme Pesalink est indispensable pour garantir un impact réel sur le terrain. En servant de premier banc d’essai pour la terminaison des transactions au Kenya, Pesalink démontre la viabilité de ce modèle pour fluidifier les échanges commerciaux à travers le continent.
À terme, cette infrastructure numérique promet de stimuler la dynamique économique régionale. Gituku Kirika, PDG de Pesalink, anticipe que ce nouveau service permettra aux banques kenyanes de proposer des solutions de paiement plus compétitives, favorisant ainsi le développement des relations commerciales inter-africaines. En facilitant l’accès au marché, ce partenariat ouvre la voie à une économie numérique plus intégrée, où les entreprises locales pourront prospérer avec une plus grande agilité financière.
