Organisé en marge du Forum « Alamein Africa » à El Alamein (Égypte), le Forum africain sur l’investissement dans le secteur automobile a rassemblé des responsables politiques, des équipementiers (OEM) et des fabricants de composants. Co-organisé par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank), l’Association africaine des constructeurs automobiles (AAAM), le Secrétariat de la ZLECAf ainsi que les ministères du Commerce d’Égypte et d’Afrique du Sud, cet événement de deux jours visait à aligner les réformes politiques avec les besoins des investisseurs. L’objectif central réside dans la promotion des coentreprises et le transfert de technologie pour structurer une chaîne de valeur régionale compétitive, capable d’absorber une demande continentale estimée à 5 millions de véhicules d’ici 2035.
Pour concrétiser cette ambition, Afreximbank a annoncé une enveloppe de 1 milliard de dollars US dédiée au financement du secteur automobile africain. En parallèle, l’adoption des règles d’origine dans le cadre de la ZLECAf pose le socle réglementaire nécessaire pour stimuler la production locale et fluidifier le commerce transfrontalier. Le Secrétariat de la ZLECAf et l’AAAM ont scellé ce rapprochement par la signature d’un protocole d’accord stratégique. Ce cadre de coopération couvre des piliers clés tels que les procédures douanières, la normalisation, la valorisation locale des minerais critiques (lithium, cobalt, manganèse, nickel) et le développement de technologies automobiles émergentes, notamment les véhicules à énergies nouvelles.
Le forum s’est traduit par des avancées opérationnelles tangibles, illustrées par la signature d’un accord de coentreprise entre le Sud-Africain Malben Engineering et le groupe égyptien El Araby. Cette alliance combine plus de 50 ans d’expertise dans le formage métallique aux capacités industrielles égyptiennes pour créer une plateforme commune de fabrication de composants. Dans la même dynamique, la création du Conseil d’affaires conjoint Égypte-Afrique du Sud renforcera les échanges bilatéraux et les investissements axés sur la logistique, en tirant parti du canal de Suez et des infrastructures portuaires des deux nations pour connecter l’Afrique du Nord et l’Afrique australe.
Afin de confronter la réflexion stratégique aux réalités industrielles, les délégués ont effectué des visites d’usines sur le pôle de la ville du 6 Octobre, notamment chez Nissan Motor Corporation, General Motors Egypt, Al Mansour Automotive et le fabricant de composants Mobica. Ces immersions ont mis en lumière le potentiel de transformation du secteur, qui passe progressivement du simple assemblage à une intégration poussée de la chaîne d’approvisionnement locale. En conclusion, les participants ont rappelé que la pleine concrétisation de cet écosystème exige l’adaptation des incitations politiques et un accès garanti à des financements abordables pour soutenir les investissements en capital.
