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Ghana : la Banque centrale exige la modernisation des systèmes pour la finance sans intérêts

par Jocelyne Bosson

La Banque du Ghana (BoG) a appelé les banques commerciales à moderniser d’urgence leurs systèmes bancaires centraux en prévision du déploiement des services bancaires sans intérêts. L’autorité de régulation avertit que les plateformes actuelles « pourraient ne pas être compatibles » avec les exigences techniques et de gouvernance nécessaires à ce modèle financier. S’exprimant lors d’un programme de renforcement des capacités à Accra, Ismail Adam, chef du département de la supervision bancaire, représentant le gouverneur Dr. Johnson P. Asiama, a exhorté les établissements à entamer immédiatement leurs évaluations techniques, sans attendre la finalisation des directives réglementaires.

Selon la Banque du Ghana, les systèmes bancaires conventionnels, conçus autour des mécanismes de prêts et dépôts rémunérés par les intérêts, demeurent inadaptés aux principes fondamentaux de la finance sans intérêt. Ces modèles reposent en effet sur des structures adossées à des actifs, des mécanismes de partage des risques et des structures de partage des bénéfices, que les plateformes actuelles ne sont pas en mesure de traiter avec précision. « Vos applications bancaires de base pour les services bancaires commerciaux peuvent ne pas être suffisantes ou précises pour les activités bancaires sans intérêt », a rappelé M. Adam, soulignant l’importance d’une modernisation rapide des infrastructures technologiques.

L’initiative de la banque centrale s’inscrit dans la mise en place du premier cadre réglementaire dédié aux services bancaires sans intérêts, depuis la reconnaissance du concept par la loi sur les banques et institutions de dépôt spécialisées (loi 930) en 2016. Le dispositif proposé prévoit l’émission de deux catégories de licences : la première autorisant les banques conventionnelles à opérer des guichets sans intérêts en parallèle de leurs activités traditionnelles, et la seconde destinée aux banques entièrement sans intérêt. Cette architecture vise à favoriser la concurrence et l’innovation tout en garantissant une régulation cohérente entre les secteurs bancaire, de l’assurance et des marchés de capitaux, avec la participation de la Commission des valeurs mobilières et de la Commission nationale des assurances.

Pour assurer le succès du futur modèle, la Banque du Ghana insiste sur le renforcement des capacités techniques et managériales au sein des établissements. M. Adam plaide pour des investissements accrus dans la formation spécialisée des équipes, le recrutement d’experts locaux et internationaux, ainsi que l’adoption de standards internationaux en matière de structuration contractuelle, comptabilité, audit et fiscalité. Il recommande également l’amélioration des dispositifs de gouvernance et de conformité, les projets de lignes directrices intégrant une structure de gouvernance à deux niveaux destinée à renforcer la supervision, réduire les risques opérationnels et promouvoir une transparence accrue des opérations non liées aux intérêts.

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