Le chercheur principal au Policy center the New South au Maroc et chercheur principal non résident à la Brookings Institution à Washington DC, Hafez Ghanem plaide « en faveur de la création d’une nouvelle banque verte , qui aurait la légitimité, la taille et les instruments financiers pour relever les défis » de l’agenda climatique.
Sa reflexion publiée le 7 juin sur Finance for developement Lab (FDL), dont il est membre, souligne que la Banque verte fournirait une plate-forme permettant aux gouvernements, au secteur privé et à la société civile de dialoguer et de travailler ensemble, ce qui mobiliserait un soutien politique fort dans le Nord et le Sud pour faire avancer l’agenda climatique.
L’ex employé de la Banque mondiale soutient qu’elle pourrait être l’instrument permettant à la communauté internationale de répondre à l’Initiative de Bridgetown et à la promesse faite lors de la COP27 en utilisant des financements innovants comme les obligations vertes, les rachats de taux d’intérêt, les crédits carbone et les taxes vertes. Mieux, cette banque verte s’aligne également sur les trois priorités de l’action climatique présentées, dans un rapport en 2022, par Vera Songwe, Nicholas Stern et Amar Bhattacharya : le financement qui devrait viser l’accélération de la transition vers les énergies vertes, notamment le déploiement des énergies renouvelables, deuxièmement, accroître les investissements dans la capacité d’adaptation aux changements climatiques afin de protéger des vies et des moyens d’existence, troisièmement, consolider la biodiversité et conserver les écosystèmes dont tout le monde dépend.
Selon leur rapport, les investissements annuels de ces pays en interventions pour contrer les changements climatiques doivent augmenter dès maintenant, de 500 milliards de dollars en 2019 à 1 000 milliards de dollars, d’ici 2025 et à 2 400 milliards de dollars, d’ici 2030. « Non seulement ces investissements rejoignent les objectifs de l’Accord de Paris ; mais ils stimulent cette nouvelle forme de développement afin de faire progresser la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire ».
Un objectif qui demande des financements plus qu’innovants. Cependant, Fahez Ghanem soutient que les acteurs peuvent commencer par une coalition de volontaires et ne pas attendre un consensus mondial pourrait être faisable rapidement. « l’idée derrière Green Bank est de protéger le financement du développement tout en mobilisant des ressources supplémentaires pour le climat. Il ne s’agit pas de séparer le travail sur le climat et le développement », dit-il.
La Banque verte travaillerait en étroite collaboration avec les institutions de Bretton Woods, mais « ses fonctions resteraient différentes, avec un objectif principal, voire unique, sur la mobilisation de financements pour le climat. La Banque mondiale continuerait de diriger les travaux de développement et de coordonner les travaux d’autres institutions, y compris Green Bank, par le biais de son soutien aux plates-formes nationales », rassure Ghanem, qui a travaillé dans plus de 40 pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie centrale, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud-Est.
