L’administration fiscale ivoirienne est secouée par une affaire portant sur un montant évalué à 39 milliards de FCFA, suite au dépôt d’une plainte du Syndicat des agents des impôts (SAGI) le 21 juillet auprès du Pôle pénal économique et financier (PPEP). Cette démarche syndicale fait suite à des irrégularités présumées dans les procédures de dégrèvement et d’exonération fiscale.
Face à l’ampleur du tollé médiatique et des accusations de détournement relayées sur les réseaux sociaux, le directeur général des impôts (DGI), Abou Sié Ouattara, a apporté d’importantes clarifications techniques lors d’une déclaration le 28 juillet. Il récuse fermement le terme de détournement, expliquant qu’un dégrèvement consiste légalement en une annulation totale ou partielle d’un impôt non encore perçu et ne porte en aucun cas sur des sommes encaissées.
Pour aboutir à une telle opération, dit-il, la loi prévoit soit un recours du contribuable — qu’il soit contentieux pour contester l’impôt ou gracieux en cas d’incapacité de paiement —, soit un dégrèvement d’office déclenché directement par l’administration en cas d’erreur interne. Le DGI insiste sur le fait que l’opération consiste exclusivement à effacer une écriture comptable et non à manipuler de l’argent liquide, qualifiant ainsi de dénué de fondement le lien établi entre ces annulations et un vol de deniers publics.
Concernant le second volet de la rumeur évoquant l’utilisation frauduleuse ou la manipulation de la signature électronique du directeur général, un démenti formel a été opposé. Abou Sié Ouattara précise que le directeur général ne possède tout simplement pas de signature électronique, ne gérant pas de contribuable en propre et ne réalisant pas de dégrèvement. Ce dispositif hautement sécurisé est en réalité exclusivement réservé aux responsables opérationnels en contact direct avec les contribuables, tels que certains directeurs centraux, régionaux et chefs de centres des impôts.
Malgré ces mises au point sur le fonctionnement technique de l’institution, la direction générale ne nie pas l’existence d’une procédure judiciaire en cours. Des interpellations de cadres et agents des services fiscaux ont effectivement eu lieu dans le cadre de ces soupçons de malversations et de potentiels abus de pouvoir individuels.
Les investigations menées pour faire la lumière sur ces irrégularités financières n’ont pas débuté avec la plainte syndicale. Le DGI a révélé que la direction générale des impôts suit en réalité ce dossier de très près et de manière proactive depuis novembre 2025, afin d’établir précisément les responsabilités et d’identifier les mécanismes utilisés.
