La Banque du Ghana (BoG) a adopté de nouvelles lignes directrices destinées à renforcer la transparence et l’efficacité dans la gestion des transferts de fonds entrants. Ces mesures imposent notamment que les bénéficiaires reçoivent leurs fonds dans un délai maximum de 24 heures et que la conversion en cedi se fasse désormais à partir de la fourchette moyenne Bloomberg US$/GH¢ bid-ask, et non plus uniquement sur le taux d’offre d’ouverture. L’objectif affiché est de réduire les litiges liés aux taux de change et de renforcer la confiance dans les canaux de transfert officiels, particulièrement les solutions numériques et mobiles.
Le régulateur ghanéen introduit également des obligations accrues pour les banques de règlement et les prestataires de services de paiement. Les institutions financières devront s’assurer que les comptes de règlement sont exclusivement utilisés pour les paiements aux bénéficiaires et procéder à un rapprochement complet des fonds dans un délai de 72 heures. Par ailleurs, toutes les opérations devront respecter les normes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces règles visent à renforcer la discipline opérationnelle et à éviter toute utilisation abusive des flux entrants.
Ces réformes interviennent dans un contexte où les transferts de fonds représentent un pilier majeur de l’économie ghanéenne. En 2024, ces flux ont atteint 6,65 milliards de dollars américains, soit près de quatre fois le volume des investissements directs étrangers (1,73 milliard USD) et environ 6 % du PIB. Cette dépendance croissante rend crucial un encadrement plus strict afin de protéger les ménages bénéficiaires, qui utilisent ces ressources pour des besoins essentiels tels que l’éducation, le logement ou les soins de santé. En garantissant des paiements rapides et une conversion plus équitable, la BoG espère également limiter l’attrait des circuits informels.
À l’échelle internationale, ces ajustements s’inscrivent dans un mouvement plus large de renforcement de la surveillance des flux transfrontaliers. Les régulateurs financiers cherchent à mieux protéger les consommateurs tout en limitant les risques systémiques liés au blanchiment de capitaux. Pour la BoG, cette mise à jour du cadre réglementaire traduit sa volonté d’aligner le secteur financier local sur les standards mondiaux et de préserver l’intégrité du système de transfert de fonds.

