Le Nigérian Philip Mshelbila, directeur général de Nigeria LNG Limited, a été élu secrétaire général du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), succédant à l’Algérien Mohamed Hamel. Cette nomination intervient à un moment clé pour le secteur gazier africain, alors que le continent consolide sa position dans le dialogue mondial sur l’énergie. Le GECF, qui regroupe les principaux producteurs mondiaux, joue un rôle déterminant dans la promotion du gaz comme pilier de la sécurité énergétique mondiale. En confiant la direction de l’organisation à un autre Africain, le Forum réaffirme la place centrale du continent dans les discussions internationales sur l’avenir du gaz.
La Chambre africaine de l’énergie (AEC) a salué cette nomination comme une avancée majeure pour la représentation africaine dans la gouvernance énergétique mondiale. Selon l’AEC, le leadership de M. Mshelbila permettra de mieux aligner les politiques mondiales sur les priorités du développement africain et de renforcer la voix des producteurs africains dans les instances décisionnelles. Le ministre d’État nigérian chargé des ressources pétrolières (gaz), Ekperikpe Ekpo, a par ailleurs été désigné président de la réunion ministérielle du GECF prévue en 2026. Pour NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC, cette continuité africaine au sein du Forum représente une occasion unique de faire du gaz « la pierre angulaire de la sécurité énergétique mondiale » tout en soutenant la lutte contre la pauvreté énergétique.
Pour le Nigeria, cette élection s’inscrit dans une dynamique de consolidation de sa position de leader gazier. Le pays continue de renforcer ses capacités à travers le développement du projet Train 7 de Nigeria LNG, qui portera la production de 22 à 30 millions de tonnes par an à partir de 2025. Dans le même temps, d’autres producteurs africains, notamment l’Algérie, l’Angola et la Libye, multiplient les investissements pour accroître leurs exportations. L’Algérie vise une production de 200 milliards de mètres cubes d’ici 2030, tandis que l’Angola mettra en service son premier projet de gaz non associé fin 2025, destiné à alimenter l’usine Angola LNG.
L’essor de la production gazière africaine se poursuit à un rythme soutenu grâce à l’émergence de nouveaux projets sur tout le continent. Le complexe Greater Tortue Ahmeyim entre le Sénégal et la Mauritanie a commencé sa production en 2025, avec une capacité de 2,3 millions de tonnes par an, appelée à doubler dans une seconde phase. Le Mozambique avance sur plusieurs projets majeurs, dont Mozambique LNG, Rovuma LNG et Coral North, ce dernier ayant franchi une décision finale d’investissement en 2025. En Afrique centrale, la République du Congo a rejoint les exportateurs de GNL avec Congo LNG, dont la production passera à 3 millions de tonnes par an en 2025. Parallèlement, la Tanzanie et le Zimbabwe développent leurs premières infrastructures gazières à grande échelle, illustrant la montée en puissance du gaz comme moteur d’industrialisation, de production d’électricité et de croissance durable en Afrique.
