La quinzième session de la Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la conservation des espèces migratrices d’animaux sauvages (CMS), tenue au Brésil, a abouti à une extension significative des mécanismes de protection internationale. Face à des indicateurs biologiques alarmants soulignant un risque d’extinction accru pour la moitié des espèces suivies, les États membres ont validé l’inscription de quarante nouvelles espèces et populations aux Annexes I et II de la Convention. Selon un communiqué publié le 29 mars, par la Convention sur la conservation des espèces migratrices d’animaux sauvages (CMS),ce passage à plus de 1 200 espèces protégées marque une volonté politique de répondre à la fragmentation des habitats et à la surexploitation par un renforcement des statuts juridiques, ciblant des taxons emblématiques tels que le guépard, la hyène rayée ou le grand requin-marteau.
Sur le plan de l’ingénierie de conservation, la conférence a privilégié une approche multi-espèces et transfrontalière, essentielle pour maintenir la connectivité écologique nécessaire aux cycles migratoires. Des plans d’action spécifiques ont été entérinés, notamment pour les poissons-chats migrateurs d’Amazonie, les requins-hâ de l’Atlantique Nord-Est et les vautours afro-eurasiens. Ces protocoles techniques intègrent désormais des variables complexes telles que l’impact de l’exploitation minière sous-marine, la pollution sonore subaquatique et les collisions avec les infrastructures anthropiques. L’efficacité de ces mesures coordonnées est d’ailleurs corroborée par le succès de l’action concertée pour les girafes, dont les populations ont crû de 20 % entre 2020 et 2025, illustrant la viabilité opérationnelle des stratégies de la CMS.
L’innovation méthodologique de cette COP réside également dans l’intégration structurelle des savoirs autochtones et locaux au sein des processus décisionnels scientifiques. En cherchant à concilier la rigueur des données de l’IPBES avec la pluralité des systèmes de connaissances traditionnels, les parties visent une mise en œuvre plus inclusive et efficace sur le terrain. Cette synergie entre expertise technique et gestion communautaire est perçue comme un levier fondamental pour lutter contre le braconnage et les prises accessoires, tout en favorisant la résilience des écosystèmes face au changement climatique. La collaboration inter-conventionnelle avec des organismes comme la CITES a été réaffirmée pour assurer une cohérence globale des politiques de biodiversité.
Malgré ces avancées institutionnelles, le défi majeur reste celui de l’exécution immédiate des décisions pour contrer le déclin accéléré des populations migratrices. La Secrétaire exécutive, Amy Fraenkel, a insisté sur l’urgence d’une transition de la phase de planification vers une application concrète des mesures de protection. Les quinze nouvelles actions concertées approuvées, couvrant des espèces variées comme le chimpanzé ou le requin bleu, nécessitent une mobilisation de ressources techniques et financières sans précédent. La réussite de ce nouveau cycle dépendra de la capacité des nations à transformer les engagements de Campo Grande en barrières physiques et juridiques contre les menaces anthropiques persistantes.
