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Le Nigeria enregistre un excédent de sa balance des paiements de 4,6 milliards de dollars au deuxième trimestre

par Paul De Kouamé

Le Nigeria, première puissance pétrolière du continent, marque un tournant décisif dans sa gestion macroéconomique en enregistrant un excédent global de sa balance des paiements de 4,6 milliards de dollars au deuxième trimestre. Ce redressement spectaculaire, succédant à un déficit lors de la période précédente, s’appuie sur un excédent du compte courant de 3,42 milliards de dollars. Cette performance est portée par une dynamique commerciale robuste et une augmentation significative des revenus secondaires, signalant une amélioration structurelle des fondamentaux extérieurs du pays sous l’égide de la Banque centrale du Nigeria (CBN).

L’un des leviers majeurs de cette métamorphose réside dans la restructuration du secteur énergétique national. L’excédent commercial a bondi à 4,94 milliards de dollars, soutenu non seulement par des exportations de brut s’élevant à 8,45 milliards de dollars, mais surtout par une croissance de 44 % des exportations de produits pétroliers raffinés. Cette transition, catalysée par la montée en puissance de la raffinerie Dangote, permet au Nigeria de passer progressivement du statut d’importateur net à celui d’exportateur de carburants. La réduction de 12,7 % des importations de produits raffinés allège mécaniquement la pression sur les réserves de devises, corrigeant ainsi une anomalie historique de l’économie nigériane.

Parallèlement à la sphère productive, les flux financiers et les transferts de la diaspora consolident la stabilité extérieure. Les revenus secondaires ont généré un excédent de 5,5 milliards de dollars, dont la quasi-totalité provient des transferts de fonds des migrants, confirmant leur rôle de pilier dans la stratégie de diversification des sources de devises. En complément, le compte financier affiche une position de prêt nette de 320 millions de dollars. L’attractivité retrouvée du marché national se traduit par une hausse des investissements directs étrangers (720 millions de dollars) et des investissements de portefeuille (2,51 milliards de dollars), témoignant d’un regain de confiance des non-résidents envers les actifs nigérians.

Enfin, la solidité de ce redressement est attestée par le renforcement substantiel des réserves de change, qui ont atteint 42,77 milliards de dollars fin septembre contre 37,81 milliards en juin. Ce matelas financier accroît la marge de manœuvre de la banque centrale pour stabiliser le naira et honorer les engagements internationaux du pays. L’impact cumulatif des réformes du marché des changes, d’une politique monétaire rigoureuse et de la modernisation du secteur de l’énergie semble porter ses fruits, installant le Nigeria sur une trajectoire de croissance plus résiliente et moins dépendante des seules fluctuations du prix du baril brut.

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